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Dubito ergo cogito, cogito ergo sum...

 

    À défaut de neiger sur Liège, il pleut actuellement sur Poitiers. Il pleut oui, pour un mois de décembre rien d’alarmant. Mais il pleut des mots et des maux d’étudiants. A Poitiers, les étudiants ont toujours eu une histoire intimement liée à celle de leur ville. Passant déjà d’Auberges en bars à vin dès le XVème siècle, l’étudiant marque le paysage poitevin. Participant à la vie de la cité, il est repéré par les habitants, désiré ou repoussé  par le pouvoir.
    Cette année, l’étudiant est un peu palot. Sortant d’un combat de plusieurs mois en 2006, combat semi victorieux, combat fondateur d’une nouvelle génération, amenée à la politique un soir d’avril 2002, théorisé pendant plusieurs années avant d’être mis en pratique rapidement en 2006, l’étudiant s’est repensé dans le cadre universitaire.
Sortant de ce combat, il a hésité à remonter en selle connaissant la lourdeur de la monture et la dureté de la possible chute. Devant l’apathie générale poitevine face à la mise en place accélérée de la Loi Pécresse, certains ont souhaité bousculer la routine pour faire le politique. Malheureusement, le temps médiatique étant ce qu’il est, le blocus adopté par nombre d’universités après des mois d’info à été imposé puis acté sans grande réflexion dans la foulée en Assemblée Générale. Depuis, les étudiants mobilisés essayent de créer le temps médiatique qui est déjà derrière eux. Rien ne filtre su l’état des universités françaises dans les médias « classiques ». Dans le cas de Poitiers, à contrario, de la mobilisation précédente, nous sommes atones. Pas aphone non, les manifestations, les tentatives de blocages de voies, les opérations coup de poings… prouvent la volonté réelle de certains d’étudiants, leur honnêteté politique. Oui, ils y croient, oui ils veulent faire retirer cette loi qui n’augure rien de bon pour nos petites universités. Sans dire qu’ils s’y prennent mal, je pense que le prisme au travers duquel ils analysent la situation est brisé. Non, la situation ne nous est pas favorable, et je ne pense pas qu’elle le sera avant le mois prochain.  Sur le plan national, plus personne ne s’intéresse à nous, en cela l’UNEF ne nous à pas aider, je les comprends cependant.  
    Le rôle de l’UNEF est complexe. Le syndicat a très bien saisi la complexité de la situation et va s’en sortir sans problème, pourquoi ? Comme la plupart d’entre vous, j’ai été choqué par les négociations de cet été. Pour faire simple, la ministre avait soumis au organisations étudiantes le soin de corriger un projet qui n’émanait pas d’elles mais du cabinet présidentiel. Le projet était connu depuis longtemps, il s’agit de « faciliter » la gestion des universités, permette une ouverture plus large sur le monde économique… (sans se préoccuper des savoirs et des meubles). Nous sommes donc en juillet, le prédisent à une popularité proche de 70%, son gouvernement le suit, l’activité politique à l’air omniprésente. En face, l’extrême gauche à eu du mal à se relever du vote utile, la gauche à eu du mal à se relever du vote tout court. La séisme Royal à imploser les structures partisanes, l’ouverture à été terrible, bref personne n’est là pour défendre entre autres les étudiants lorsqu’on leur soumet un réforme. L’UNEF, la FAGE, seules, esquissent chacune de leur côté des semblants de revendication en pensant qu’elles ne seront pas acceptées. Toute la stratégie sarkosyste est là, il a accepté les points sensibles (sélection, prix des inscriptions…), on a échappé au pire, mais le reste devient incontestable...paradoxe. L’UNEF se retrouvait donc sans armes, sans voix face à une réforme qu’elle ne soutenait pourtant pas, le tout au beau milieu d’un été dont les préoccupations étaient allieurs.
    A la rentrée universitaire, l’extrême gauche étudiante se saisit de la perche législative. L’UNEF accusée de trahison ne peut la suivre sur le sujet de la LRU, elle (l’extrême gauche) organise seule des AG, des manifestations… sans succès. A l’habitude, le mouvement s’essouffle, on sort donc l’arme fatale… Le Blocus. Il est ainsi mis en place dans les bastions habituels (Rennes II, Tolbiac, Nanterre, Toulouse le Mirail, Tours les tanneurs…). Là l’UNEF ne peut plus passer à côté, espérant trouver une faille elle s’installe prudemment dans le mouvement, ainsi les blocages s’étendent. Beaucoup de facs suivent partiellement (comme Poitiers où seules SHA et Lettres et langues sont bloquées), des manifestations violentes ont lieux, les interventions des forces de l’ordre sont unanimement condamnées… Mais voilà, la situation n’avance pas, le gouvernement qui a en plus d’autres chats à fouetter se contrefout des étudiants. Les cheminots après un mouvement d’ampleur cèdent. Les étudiants sont reçus, on leur promet une augmentation significative des moyens, l’UNEF la brandie comme une victoire (oubliant ainsi la LRU). Au cours de la semaine, pas mal de facs reprennent les cours, là où l’UNEF tenait les AG les choses se passent sans trop de problème. Dans les autres cas, soit le mouvement continu en cherchant d’autres portes de sorties.  Soit il s’arrête sur un sentiment de défaite. Un sentiment terrible qui est capable de jeter le froid pendant quelques mois sur une fac entre les étudiants. L’UNEF est retombée sur ses pattes, nous sommes encore en l’air. Voyant le sol arriver nous ne savons que faire.
    Ainsi donc l’UNEF, bien que n’ayant pas eu de rôle dans le lancement effectif du mouvement à pourtant décider de l’achever. Je pense qu’ils n’ont pas eu tort car on fond de nous-même, nous sommes très nombreux à n’avoir jamais pensé que le gouvernement lâcherait. Oui, nous sommes pour l’instant bien faible face à eux.
    C’est pour cela que je préfère raccrocher les armes pour l’instant. Dans l’état, je préfèrerais que l’on essaye de reconstituer nos forces, que l’on reste actifs pour que nous puissions mobiliser plus vite, plus fort la prochaine fois. Cette prochaine fois est proche.

    Oui, il nous faut nous sortir d’un bourbier véritable. Les Français ne savent pas que Poitiers bouge, et encore, 500 étudiants… À peine arrivons nous à nous frayer quelques lignes dans la PQR. Les poitevins eux-mêmes ne savent pas que nous nous mobilisons, la complexité de la loi fait que nous n’arriverons pas à inverser la tendance. Les autres facs tentent en coordination de sauver ce qui est encore possible. Les médias ont oublié que nous existions lorsqu’ils ne se moquent pas tout simplement de nous. Nous par ailleurs ne parlons plus vraiment de la loi et de ses applications, nous cherchons plus loin, plus profond, les maux de nos facultés. Les initiatives des cahiers de doléances sont bonnes, mais elles étaient prévues et doivent être récurrentes, pas seulement attachées à un mouvement temporaire.

Reposons nous, le combat reprendra.
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R
y'a quelques raccourcis quand même dans cette analyse...parce que dire que c'est l'extrême gauche qui lance le mouvement, bon... c'est vrai que dans le collectif d'orgas il y avait par exemple les jcr. mais en ce qui concerne sud, ça reste un syndicat donc avec une indépendance politique. puis l'uec est bien loin de se situer à l'extrême gauche... tout comme une bonne partie de la tuud qui était aussi dans ce collectif.ensuite il y a quelque chose à noter dans le début de la mobilisation, c'est le fait que dans beaucoup de villes, les premières AG étaient plus nombreuses que les premières AG de la mobilisation de 2006. on peut surement trouver des raisons en dehors du contenu de la loi en elle même: probable retour d'un noyau de grévistes de 2006, mais est-ce que cela explique tout? pas sur...sur les "bastions habituels", il ne faudrait pas négliger le fait que ce ne sont pas ces facs qui se sont lancées les premières dans le mouvement de grève: ce sont rouen et perpignan qui ont été les premières mobilisées, des universités de petite taille, donc probablement les plus menacées par la lru, mais qui sont loin d'être des "bastions"...je ne suis pas particulièrement optimiste sur le prolongement de la grève dans les semaines qui viennent. par contre, il est évident qu'il est nécessaire de mettre en place des cadres de débats profs/étudiants/personnels dans les facs pour prolonger la mobilisation, puisque cela semble faire défaut depuis le début, et nous est reproché par beaucoup. le plus préjudiciable dans cette mobilisation, ce serait non seulement qu'elle se solde par une défaite, mais surtout qu'elle n'ait pas été capable de produire de réflexions nouvelles sur l'université, sur les méthodes de mobilisation, etc.or pour le moment, de ce point de vue là, il n'y a pas rien, mais encore bien peu de choses à mon avis...
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J
et ben pour un anonyme... ça casse du sucre.tout d'abord le rapport sur l'état des universités à été slués par tout le monde car il relève toutes les difficultés sans que les parlementaires se mettent d'accord sur les propositions à faire. Ainsi La LRU n'est en rien l'aboutissement du rapport.Enfin, Claeys est favorable à l'autonomie, en gros comme tout le monde même à sud, mais pas frocément une autonomie économique, une autonomie de savoir, de pédagogie...même sud est d'accord la dessus.Sur l'attitiue du PS et de l'UNEF, elle est différente, les liens entre les deux orgas sont réels, toujours est-il que le ps est plus frileux sur le sujet que le syndicat étu.ur la coord' nationale, outre le fait qu'elle est un combat entre sud et la fse, je conçois, qu'une minorité autonome ou les non affiliés existent... mais leur rôle est malheureusement pour eux marginal. C'est tout, moi je n'y suis pour rien si une orgnisation est plutôt utlie pur lutter politiquement.Enfin, je ne siffle pas la fin de la récrée, elle est finie, je sais simplement qu'a là prochaine on se remettra sur la gueule. Une argumentation? L'actualité. Je ne sais certes pas si elle produira mot pour mot une loi néfaste, mais mon intuition me laisse à penser que les postes au capes tomberont, put être qu'une réforme des iufm s'établira, le contrat unique... oui c'est dans l'immédiat un aveux de faiblesse, mais il est assumé. Lorssque la résistance à cesse en juin 40... cela n'a pas empêché des petits groupes de continuer pendant 5 ans.dans tous les cas maintenant... moove, wait and see.
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K
elle est belle la gauche reformiste....
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N
bonne nuit mon petit jules!!! po popopo popopo!
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D
Jules, tu siffles la fin de la récré ? on t'a connu "meilleur", vieillesse, sagesse, PS ?Tu martèles :" dans un mois, la situation sera plus propice."Argumentation, svp ;-))Si tu penses au contexte " élections municipales ", voilà de la fine stratégie...politicienne ! (en bref, faire le jeu du PS, un classique).Autre point : pourquoi ce désir absolu de voir "son Poitiers" à la télé ? Ne serait pas lié au désir ardent de voir sa gueule au JT (un point commun avec le julliard) ?Ne peut-on pas être une brique parmi les briques ? Modestement.Marrant cette relation aux médias, presse, ...Dernier point : le rôle de l'UNEF, complexe dis tu ? Le moins qu'on puisse dire. Sauf que, si l'on considère que le député Clayes mister ens-sup au PS, est favorable à la loi (lisez le rapport cosigné avec un parlementaire UMP), tout comme Mme Royal &co, l'ex président de Poitiers Espéret (PS), l'actuel (PS ouarf !)si l'on considère que la majorité des "cadres" de l'UNEF est PS/MJS ou proche - voir l'histoire de l'Unef depuis 1990, ben tintin, rien de complexe sauf pour l'étudiant-e lambda.Et au final, évoquer toujours les gauchistes, trotskystes, anarchisteset autres O-istes comme les leaders et acteurs des luttes étudiantes, ben voyons, facile. Tu ne peux pas imaginer qu'un-e étudiant-e soit libre de toute chapelle/obédience/ mais par contre défende des valeurs ? Car à force de voir des "O-istes" partout, expliqe moi les résultats aux élections (scores très faibles de l'extreme gauche, et pourtant, sur le terrain on ne verrait qu'eux ???).Etrange cette vision de vouloir cataloguer tout le monde, surtout ceux qui sont différents de --- ta pensée, de votre bien-pensée.Donc tu te couches. Bon dodo mon Jules. et ne te reveille pas avec une gueule de bois (de rose ;-))
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