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échéancier des évènements de mon mémoire...

Je commence cette semaine l'écriture de la chose, avant même de vous bassiner avec cela je vous transmets la base chronologique nécessaire quoique non indispensable à tout travail historique.
Petite chronologie des faits (vous trouverez quelques abréviations au abs de l'article) replongez vous dans le milieu universitaire de Poitiers de 1970-1971:

Acte 1 Septembre 1970 Création du campus => Absence d’aménagements routiers adaptés => Accidents => mobilisation universitaire pour la sécurité => dégradations, émeutes, pas de dépôt de plainte, grève et mobilisation médiatique => situation résolue par la mise en place d’une passerelle.

Acte 2 Reprise des cours dans le calme => élections étudiantes mouvementées => échauffourées et attentats dans deux bals étudiants => AG et séquestration => dépôt de plainte, arrestations, manifestations et émeutes « de soutien » => AG, nouvelles arrestations, nouvelles émeutes => retournement de la presse, agitation dans les lycées, occupation des Faculté => la droite s’organise, le maire, le préfet et le recteur interviennent régulièrement => occupation saccageuse de la faculté de droit => la population est hostile au mouvement, dernier rebond.

Acte 3 Les municipales arrivent, la gauche institutionnelle essaye d’utiliser la mobilisation à ses fins =>victoire de la droite au premier tour, les cours reprennent dans le calme, Ferré est chahuté => ultime grève de la faim, les lycéens tentent seuls de derniers soubresauts => la presse titre sur la fin d’une grève. Avril 1971


Septembre 1970

10/09/70. Jeudi. Premier accident mortel route de Chauvigny, cyclo contre une automobile conduite par un étudiant.

Octobre 1970

04/10/70. Dimanche. Collision notoire avenue du Recteur Pineau.

08/10/70. Jeudi.
Carol Heitz devient doyen de la faculté de lettres. Les facultés de lettres s’installent en partie sur le campus.

13/10/70. Mardi.
Accrochage entre une auto et un piéton sur l’avenue du Recteur Pineau.
14/10 /70. Mercredi. Reportage à FR3 sur l’installation du nouveau campus et de la Faculté de droit. Un point noir est relevé : la traversé de l’avenue car le sous-terrain n’est pas fini.
18/10/70. Dimanche. Collision au carrefour de la route de Chauvigny. Centre Presse titre « sur la nouvelle géographie » universitaire, déplacements des juristes et économistes, des littéraires… «L’animation de ce nouveau centre social est à prévoir ».

19/10/70. Lundi.
Rentrée des étudiants sur la nouvelle Faculté de droit. Collision avenue du Recteur Pineau en face du restaurant Rabelais. Grognes des carabins devant l’insuffisance de leurs nouveaux locaux voie Malraux.
20/10/70. Mardi. Collision avenue du Recteur Pineau. 1 blessé. En parallèle de son article sur la rentrée universitaire, Centre Presse insiste sur les problèmes de circulation sur le campus.

Novembre 1970

01/11/70. Dimanche. Deux voitures se tamponnent avenue du Recteur Pineau.

02/11/70. Lundi. Grève du personnel de l’intendance de l’université (réclamation de moyens et d’embauche).
03/11/70. Mardi. Présentation des nouvelles Facultés à la Presse. « Résolument modernes » pour Centre Presse, « bâtiment d’art contemporain » pour la Nouvelle République, « ce sera aux utilisateurs de donner leur avis » d’après le recteur Moisy.
04/11/70. Mercredi.  « Extraordinaire collision » avenue du Recteur Pineau.
06/11/70. Vendredi. Meeting de la Ligue Communiste au sujet de la Palestine.

08/11/70. Dimanche.
Accident route de Chauvigny.
Mort de de Gaulle
12/11/70. Jeudi. Assemblée Générale des étudiants communistes.

18/11/70. Mercredi.
Les nouveaux statuts de l’université sont adoptés.
19/11/70. Jeudi. Communiqué de l’AGEP Unef, nouvelle collision avenue du Recteur Pineau.
22/11/70. Dimanche. Accident avenue du Recteur Pineau impliquant une étudiante.

23/11/70. Lundi. Des graffitis maoïstes sont peints sur les murs du Palais de Justice. Des distributions de tracts ayant pour titre « nous sommes tous des Geismar » et signés « les Maos » se font dans les quartiers.
26/11/70. Jeudi. Accident avenue du Recteur Pineau. La place Charles de Gaulle est débaptisée par les maos qui inscrivent des graffitis le long de ses murs.
27/11/70. Vendredi. Carambolage avenue du Recteur Pineau.
28/11/70. Samedi. Mention « endroit décidemment très dangereux à en juger par le rythme soutenu des accidents » dans la Nouvelle République. « La Série continue » dans Centre Presse.

30/11/70. Lundi.
Interpellation de gauchistes pour graffitis. Le standard de la Faculté de droit est saboté.

Décembre 1970

04/12/70. Vendredi. Accident avenue du Recteur Pineau impliquant un étudiant.

07/12/70. Lundi.
Grève des étudiants et du Crous sur des motifs nationaux.
09/12/70. Mercredi. Grève des étudiants et des employés du Crous. Accident auto contre cyclo avenue du Recteur Pineau.
10/12/70. Jeudi. 200 étudiants bloquent l’avenue du Recteur Pineau pour réclamer la sécurisation de la voie. Création du tract commun, AGEP, PSU, Ligue Communiste : « il en va de notre sécurité ». Manifestation acceptée dans l’ensemble par les automobilistes, il y a des sit-in sur l’avenue...
11/12/70. Vendredi. Accident grave avenue du Recteur Pineau. « Tous sur la chaussée », des manifestants, pénètrent sur les chantiers, ils en utilisent les matériaux. Manifestation de plusieurs centaines d’étudiants qui rencontreront le maire Vertadier.
Un meeting pour la libération d’autonomistes Basques rassemblent UNEF, CGT, PSU,CIR, PC, PS… de nouvelles barricades sont érigées à sa suite avenue du Recteur Pineau. Le doyen de droit intervient mais se fait insulter, une pierre l’atteint dans le dos. Les CRS interviennent dans la nuit pour disperser les étudiants. La manifestation est qualifiée de spontanée par la presse.
12/12/70. Samedi. La presse titre sur les évènements du campus, « Un nouvel accident fait flamber le campus». 
13/12/70. Dimanche. « enfin un passage piéton route de Chauvigny, ce ne peut être qu’une première mesure » Centre Presse. « Il aura donc fallu plusieurs accidents et le mouvement de colère parfaitement justifié des étudiants pour que les pouvoirs publics se saisissent de l’affaire. Le PC dénonce les insuffisances de la voirie. « La FNEF dénonce la répression des étudiants et la lenteur des pouvoirs publics on peut prévoir que l’unique souterrain actuellement en chantier sera lui aussi insuffisant. » La vitesse sur l’avenue est alors de 80 km/h.

14/12/70. Lundi. Accident avenue du Recteur Pineau. La CFDT proteste contre l’insécurité de l’avenue. Une manifestation de solidarité avec les Basques Espagnols se finit par des incidents et de la casse, la presse est prise à partie, des manifestants, brisent les vitrines de Centre Presse et celles de la Nouvelle République. « Armés de fronde ».
15/12/70. Mardi. Journée très agitée, on y parlait grève des cours, les étudiants étaient en AG jusqu’au nouvel accident avenue du recteur Pineau à 17h45. Cela entraîne une nuit d’émeute au campus entre 18h00 et 03h00. (différents communiqués contre ou pour les manifestations). Les pompiers interviennent pour éteindre les feux, ils sont protégés par les CRS, qui déblayent aussi les barricades. « Des flammes jaillissaient des barricades »,« nuit rouge » d’après Centre Presse. Des dizaines de voitures sont endommagées. (3 blessés du côté des forces de l’ordre, 1 côté étudiant, 15 arrestations côté manifestants).
16/12/70. Mercredi. Accident route de Chauvigny, 3000 étudiants se rendent en centre-ville pour manifester contre le manque de sécurité sur le campus. Le « cortége est remarquablement encadré par le service d’ordre ». Place d’Arme, Gambetta, Palais de justice, Hôtel Fumé, Préfecture et Mairie. La police n’est pas présente dans la manif, les CRS sont cantonnés plus loin, à l’entrée du centre-ville. Pour les slogans, les éternels « CRS-SS » se mêlent aux « Vertadier Démission », « halte à la répression », « la population avec nous », « plus de morts au campus »… La presse est une fois de plus prise à partie sans qu’il y est cette fois de débordement. Les étudiants poursuivent leur campagne d’information en se divisant par petits groupes en distribuant des tracts du « comité d’action étudiant » dans les quartiers. La manifestation sera qualifiée de ferme et digne par la presse, qui y voit là un mouvement comprenant toutes les tendances politiques et la volonté de stopper la répression en réclamant la libération de leurs camarades, une interview d’une jeune gardée à vue sera même retransmise.  
Le doyen Jeanneau  qui à reçu les représentants étudiants réclame une déviation de la circulation. Les étudiants réclament aussi le respect des franchises universitaires et souhaitent disposer de plus de bus à destination du campus.
« Quand on implante des bâtiments, on doit penser aux conséquences de la circulation », le préfet demande l’installation du Pont Bailey (passerelle). Mise en place de l’éclairage de nuit, les travaux d’aménagements se feront désormais 24h/24.
L’assemblée générale des professeurs demande la suppression des cours jusqu'à la mise en place d’une passerelle.
« un groupe d’étudiant en médecine » dénonce l’orientation politique que pourrait prendre un mouvement basé sur de telles revendications.
Le soir, un communiqué apprend la mort de Daniel Maupin, le jeune accidenté de Lundi.
17/12/70. Jeudi. La grève se met en place avec des commissions (université libre, cours…). Nombreuses altercations entre étudiants, un professeur de droit est molesté par 50 individus armés et casqués d’après centre presse, l’UEP s’indigne. Le secours rouge se réunit aussi de son côté. Les socialistes sous la plume du Dr Savonat réclament la démission de Vertadier.
18/12/70. Vendredi. Mise en place de la déviation route de Chauvigny. La suspension des cours est effective jusqu'à 04/01/71. Pétition de la F.E.P contre les violences des étudiants. Le bureau du doyen de droit est saccagé. Ses meubles ont été déplacés dans la cour pour y être brûlés. Des écriteaux « attention danger explosion » et des graffitis signés « les mao » sont découverts « ici on tue des ouvriers ». Il n’y a pas de dépôt de plainte, il n’y a pas de demande de vigiles, le tout pour apaiser les tensions. Le doyen, des appariteurs et le préfet se rendent dans une assemblée générale, un dialogue s’installe sans qu’il n’y est pour autant d’incidents.
20/12/70. Dimanche. Carambolage avenue du Recteur Pineau. Des tracts ont été distribués aux marchés, « nous continuerons la lutte pour l’abandon des poursuites engagées contre nos camarades et contre la répression de l’État policier, ouvriers, étudiants même combat pour la sécurité » : Le Comité de Lutte Étudiant.

21/12/07. Lundi. Plainte du recteur Moisy contre X par rapport au saccage des locaux. La FEP réclame l’abrogation de la Loi Faure. Lors de l’inauguration du Hall des Sports, le recteur prononce cette phrase : « l’université, l’alma mater, a été secoué, mais les enfants battent parfois leur mère bien qu’elle les protège et les aide. »
22/12/07. Mardi. Dans Centre Presse, le préfet est plus virulent : « un défilé étudiant est une chose, Par contre, la destruction du standard, le bris de vitres, les souillures profondément incrustées dans les façades, l’incendie des meubles du bureau du doyen constituent des violation et déprédations dont d’ailleurs se désolidarisent la plupart des étudiants.
Il est bien clair que quoi qu’on est fait, les « casseurs » avaient l’intention d’agir, si la sécurité avait été d’emblée assurée, ils auraient choisi un autre prétexte, leur attitude et leurs méfaits le démontre.
L’opinion publique est fâchée car elle sait que les étudiants disposent d’excellents moyens de travail, elle sait aussi que la plupart des jeunes gens rejettent une poignée de trublions débraillés, hirsutes et gueulard dont la seule activité est la violence. »

(bilan des accidents de la fin 1970, 17 accidents du 13 octobre au 16 décembre, la plupart entre 11h et 14h.

Janvier 1971


03/01/71. Dimanche.
Accident auto/piéton avenue du Recteur Pineau. (Températures extrêmes).

05/01/71. Mardi. la presse insiste sur une rentrée calme dans les Facultés.

14/01/71. Jeudi.
Elections d’UER mouvementées. Le doyen de droit Jeanneau est molesté par des extrémistes, un professeur de droit est touché à l’arcade, un étudiant est assommé. Des grenades lacrymogènes, des fumigènes et des tessons de bouteille explosent dans la fac de droit. On parle de commando de militants révolutionnaires. Les commentaires usent d’un registre guerrier.
15/01/71. Vendredi. Dans la soirée, des gauchistes interviennent dans « un bal corpo » au restaurant universitaire Champlain. Attaque des étudiants par des jets de pierres, des bouteilles et des pavés, les vitres du bâtiment sont brisées, sans qu’il y est pour autant de blessés.
16/01/71. Samedi. Dans la rubrique « agitation » du Monde, le quotidien revient sur les incidents qui se sont déroulés lors des élections d’UER à Poitiers.
23/01/71. Samedi. La déviation de circulation devient perpétuelle, les étudiants et enseignants communistes éditent un tract « la sécurité contre les profits ».
24/01/71.Dimanche. Collision à 2h00 avenue du Recteur Pineau.
26/01/71. Mardi. Un article de Centre Presse analyse les accidents passés. « On notera que l’ouverture des nouvelles facultés de lettres, de droit et la mise en service du R.U de Champlain ont amené une population étudiante nombreuse, très motorisée et comprenant un fort pourcentage de jeunes conducteurs. »
Début de mouvement national dans les IUT contre les nouvelles modalités d’examens.

Février 1971


05/02/71. Vendredi. Un cycliste est renversé et sévèrement blessé sur l’avenue du Recteur Pineau. Un ballon de verre et des produits chimiques sont volés dans un laboratoire de la faculté.
06/02/71. Samedi. Un cocktail Molotov explose lors de la nuit de l’Ensma. « l’enquête s’oriente vers les milieux extrémistes »
09/02/71. Mardi. Revendication de l’attentat de l’Ensma par les Maos. Descente de police au 13 rue de la pierre Levée (cellule mao). Grève massive de l’éducation nationale.
10/02/71. Mercredi. Dans Centre Presse, l’attentat fait grand bruit. Les journalistes écrivent : « on a quand même remarqué la soudaine disparition de certains personnages dont les positions extrémistes sont connues depuis longtemps. Rien ne permet d’échafauder pour autant une hypothèse, il ne s’agit peut-être que d’une coïncidence. »

16/02/71. Mardi. 13h00, Un problème interne à la Faculté de Lettres (l’absence d’UE d’Anglais pour les étudiants non spécialisés) débouche sur une assemblée générale. Le doyen Heitz est prié d’y participer, les étudiants ne le voyant pas venir vont le chercher dans l’UFR. 14h00, le doyen est amené à débattre dans un amphithéâtre bondé d’étudiants dont la sortie est directement bloquée et tenue par un piquet de grève. Le débat prend rapidement une tournure politique. Le recteur Moisy rapidement informé de l’affaire arrive sur les lieux et se fait lui aussi séquestrer. Ce n’est que vers 19h30, une fois que la tension était à son comble que des étudiants et des professeurs ne provenant pas uniquement de l’UER, arrivent à passer en force le barrage, à s’introduire dans l’amphithéâtre pour en libérer les « otages ». Une voiture de Police est abîmée sur le campus. Accident avenue du Recteur Pineau 3 blessés.
17/02/71. Mercredi. Le recteur Moisy et le doyen Heitz déposent des plaintes contre X pour séquestration.  Des étudiants qui possèdent des attaches à Poitiers, Niort et Angoulême ont été reconnu sur photo par les plaignants. « Discret mais inhabituel quadrillage policier en ville est sur le campus » (d’après Centre Presse).
18/02/71. Jeudi. Les arrestations le matin de cinq étudiants présumés coupables de séquestration (Jean-Bernard Stranz, Jean-Claude Lutanie, Gille Lamardelle, Philippe Languille et Anne-Gisèle Baudiou), débouchent sur des AG (Rabelais et Champlain). Des regroupements ont ensuite lieu place d’arme, ils forment une manifestation vers la préfecture aux cris de « libérez nos camarades » avant d’être dispersé par les CRS pour qu’elle se reforme ensuite devant l’Hôtel Fumé.  Ce nouveau rassemblement de 500 étudiants se heurte violemment aux forces de l’ordre en nombre dans le quartier du Palais de Justice. Les étudiants inculpés sont libérés (comme prévu) mais les manifestants se déplacent vers le campus. Rassemblés devant Rabelais, les étudiants glanent de quoi former des barricades. Les policiers interviennent dans la soirée pour les déloger, le maire est présent. L’intervention se prolonge toute la nuit, entre cocktails Molotov et jets de grenades lacrymogènes. « Des heurts, des charges, des dizaines d’interpellations ont ponctué la journée » Centre Presse. Un article sur la séquestration en Lettres paraît dans le Monde. Plusieurs articles témoignent du changement de perception médiatique du mouvement, alors que celui concernant la sécurité routière aux abords du campus avait le soutien de la population, celui-là apparaissant très « gauchisant » ne fait que s’attirer les foudres des poitevins.  
19/02/71. Vendredi. «Des groupes de jeunes gauchistes repartent à l’assaut du centre ville » Centre Presse. Une manifestation en soutien aux inculpés était prévue à 16h30 par le Secours Rouge. Compte tenu du faible nombre de manifestants, les étudiants sont contraints de se replier dans les rues du centre-ville. Pendant deux heures, un jeu du chat et de la souris s’entreprend dans les rues de Poitiers entre des petits groupes d’étudiants et les CRS.  Les vitrines de plusieurs enseignes dont celle de la Nouvelle République sont brisées par des billes de plomb.
Après une accalmie entre 19h et 21h, les « troubles » reprennent sur le campus après un meeting à Rabelais. Une barricade est édifiée à l’aide des matériaux récupérés sur la passerelle. Rapidement dégagés de la barricade, les étudiants harcèleront les forces de l’ordre jusqu'à la fin de la nuit, deux voitures seront incendiées. Le maire et le préfet étaient présents à la fin des opérations.
20/02/71. Samedi. Deux Cocktails Molotov explosent dans la rue du Trottoir sur les voitures d’un policier (Maudet). Une voiture banalisée de la police est atteinte par un pavé sur le campus. Le monde titre dans sa rubrique Agitation sur les « violents incidents opposant étudiants et forces de l’ordre », l’article est quasiment une étude anthropologique des faits.
22/02/71. Lundi. L’UJP et l’UDR réclament l’exclusion des provocateurs de l’université.
25/02/71. Jeudi. Le pont Bailey est démobilisé. Tentative d’émeutes sur le campus, voitures et passerelle incendiées. Pour la première fois, les policiers interviennent directement sur le campus et selon les étudiants jusque dans les résidences universitaires. Il y a 50 arrestations dans la nuit.
26/02/71. Vendredi. Les lycées de la Bugellerie (aujourd’hui le lycée Louis-Armand), se mettent en grève « cela relève de l’agitation extrémiste qui se manifeste au campus de quelques jours à Poitiers », Centre Presse. Irruption de 50 personnes pendant une évaluation en sciences, destruction des copies… La droite étudiante s’organise. Les AG s’organisent en Lettres, les étudiants refusent de composer tant que le doyen Heitz n’a pas retiré sa plainte.
27/02/71. Samedi. L’UNEF condamne les violences étudiantes.

Mars 1971


01/03/71. Lundi. La grève de la Bugellerie gagne les lycéens de Touffenet (Dolmen). De son côté de le conseil de l’université demande au préfet le respect des franchises universitaires. Les étudiants de sciences-éco sont en grève jusqu’a la levée des inculpations et le retrait des forces de police supplémentaire de Poitiers. Les étudiants circulent d’amphi en amphi pour faire connaître leur revendication.
    Dans leur numéro de « Poitiers Université », les étudiants de la F.E.P reprennent les articles de presse sur les agitations. Ils se félicitent aussi du « contre-mouvement » apolitique. « Enfin des étudiants réagissent contre les gauchistes ». Pour eux, ces évènements sont la conséquence directe de la loi Faure, permettant une politisation des Facultés.  
02/03/71. Mardi. La faculté de lettres est occupée dans « une ambiance de kermesse guerrière » d’après Centre Presse. Entre 200 et 300 personnes occupent le bâtiment B de la fac de lettres.  Les cours y sont suspendus. Les lycées techniques de Poitiers se mobilisent, les enseignants y voient un lien avec l’agitation du campus.
03/03/71. Mercredi. Les étudiants de  lettres alors en grève tentent de prendre la Faculté de droit, ils sont plus de mille d’après le Monde. Encadré par des gauchistes armés (Centre Presse), ils organisent un meeting et décident de l’occupation. Des commissions de travail sont mises en place : Journal Sauvage, Livre Loir, Répression… Des musiciens se produisent dans les amphis. Selon des observateurs, des étudiants s’armeraient pour tenir un siège.  Le soir un nouveau meeting « contre la répression » est organisé à l’amphi 800. Pour  Centre Presse, « la manœuvre est claire, il s’agit tout simplement de paralyser, secteur par secteur l’activité de l’université ». Seule une centaine de personnes, occupera la faculté avant de la quitter suite à l’annulation des cours par l’administration. En lettres, l’occupation est maintenue sans incidents, on y entend de la musique « pop ».
La droite étudiante tente de riposter avec des communiqués de presse en dénonçant les fausses informations qui circulent au sujet des franchises. Ils restent cependant opposés à la répression dont font preuve les pouvoirs publics face aux étudiants.
04/03/71. Jeudi. Les Facultés du campus (Droit et Lettres) sont partiellement occupées. Cela entraîne de nombreuses bagarres entre « pro » et « anti-grévistes ». Pour la première fois, les grévistes se font repousser soit par des votes d’amphi soit par la force de la faculté de droit. A l’IUT on leur dit qu’ils ne sont pas ici chez eux, en sciences, la grève est repoussée à bulletin secret dans tous les amphis sauf les deug de maths. En droit, un bureau permanent de la mobilisation est ouvert pour gérer le mouvement, organisation des AG, distribution de tracts… Une pétition de plus de 400 noms est recueillie en soutien aux inculpés.
Les antiblocages quant à eux occupent la faculté de droit du centre ville. La méthode est différente, des tours de garde sont organisés, un standard est mis en place, aucune dégradation n’est commise. Les 100 étudiants qui occupent la fac du centre ville sont, d’après les journalistes, modérés pour la plupart mais on reconnaît des étudiants issus de mouvances d’extrême droite identitaires et nationalistes. Ils se définissent comme « l’aiguillon d’une majorité silencieuse, qui pour la première fois est capable de repousser les gauchistes ». 05/03/71. Vendredi. Manifestation à 14h place d’arme de plus de 500 anti-blocus, avec comme slogans « assez de pagaille », « les gauchistes en prison ». La presse insiste sur le fait que cette manifestation était applaudie des poitevins.
La fac de droit est cette fois totalement occupée (le drapeau rouge y est apposé) depuis la suspension de cours (à cause des violences entre étudiants), elle devient le « bureau » de la mobilisation, 5000 tracts sont distribués aux poitevins « les mensonges d’un préfet ». Une « free boom » très alcoolisée est organisée le soir même. De très nombreuses dégradations se feront et le montant ne sera pas tout de suite calculé (157 sièges de l’amphi 800 sont détruits, des dizaines de chaises cassées, la chaire brûlée, les radiateurs désossés...).   
06/03/71. Samedi. Les articles révélant la free-boom appuient avec des photos les dégradations. Certains étudiants justifie ces dégradations par le fait qu’ils n’avaient pas besoin d’une fac de luxe. Le doyen Jeanneau porte plainte contre X pour les dégradations en droit (il y a eu plus de 50.000 Frs de dégâts). C’est dans sa rubrique « enseignement » que le Monde revient sur les événements se déroulant à Poitiers : cours suspendus, courtes bagarres entre étudiants « gauchistes armés de barres de fer et de bombes lacrymogènes» et étudiants contre le blocage. L’IUT ne souhaite pas se joindre au mouvement (ils sortent de deux mois de grèves internes aux IUT de toute la France).
08/03/71. Lundi. Inculpation de quatre nouveaux étudiants suite à la séquestration (Jacqueline Biassette, Robert Chausse, Robert Chiche, Jean-Pierre Lavandier). 431 autres étudiants se portent responsables de la séquestration dans une nouvelle pétition.
09/03/71. Mardi. Création d’un comité d’autodéfense étudiante (ce sont des contre-manifestants), qui demande l’aide de la population en dénonçant l’anarchie. Le doyen Jeanneau en appel à ses étudiants pour qu’ils soient présents en amphi pour la reprise des cours et qu’ils ne se laissent pas influencer.
Le parti communiste condamne les violences gauchistes qui ont conduites au quadrillage de la ville par les forces de l’ordre tout en se disant solidaire des étudiants blessés.
10/03/71. Mercredi. Le doyen Heitz annonce qu’il retirera sa plainte par soucis d’apaisement sur le domaine universitaire, il souhaite que la réponse à apporter aux étudiants qui l’ont séquestré soit transmise au Conseil de Discipline. Un tract contre la « manif bidon de 300 ex-OAS, royalistes et futurs PDG » est distribué. Dans Centre Presse, un encadré retranscrit une phrase que Pompidou aurait prononcé : « existe-t-il encore une université à Poitiers ? ».  
11/03/71. Jeudi. Communiqué incendiaire de Vertadier avec une citation de Platon sur les aînés «lorsque les mères s’habituent à laisser faire leurs enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter. Lorsque que finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent au-dessus d’eux, l’autorité, de rien et de personne. Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »  Dans la Nouvelle République, des contribuables s’adresse à l’UNEF. Meeting du PS, PC, CIR, Radicaux, F.E.N, C.G.T et UNEF en lettres avec 800 personnes pour dénoncer le texte du  maire. Début d’une grève de la faim à l’église St Paul de Poitiers pour réclamer un droit de réponse au préfet et à la presse « on parle de nous depuis longtemps sans nous donner la parole ». L’université rouvre ses portes sans incidents.
12/03/71. Vendredi. Le recteur Moisy décide lui de maintenir sa plainte pour séquestration : « les étudiants ont des privilèges, payés par les contribuables, consentis de grand cœur par la nation. Ces avantages ne constituent nullement des droits à piller des chantiers pour édifier des barricades, à souiller et endommager les locaux publics ». « Tous ces actes sont des délits ou des crimes de droit commun qu’aucun soi disant privilège universitaire ne pourrait couvrir en assurant une impunité scandaleuse. C’est pourquoi je suis convaincu qu’il convient de réclamer leur juste punition et de s’en remettre à la justice de notre pays ». (Centre Presse) Une détente nette s’affirme à la Faculté.
Très grand article du Monde, détaillant le contexte, les enjeux et les caractéristiques des évènements poitevins. « l’agitation des étudiants troublent une ville en mutation ». Le maire (Vertadier) se dit inquiet de la situation, avoue ne pas comprendre les jeunes. Le climat sur le plateau est à l’exaspération (on applaudit les contre-manifestants et les réactions policières) alors même que les nouveaux quartiers sont plutôt réceptifs aux revendications étudiantes. Le journaliste qualifie Poitiers d’une ville de « pesant ennui » où toute occasion de se distraire paraît bonne. Il y est fait référence à mai 68. « Les militants gauchistes organisés sont dépassés par les maos, situs ou se disant comme tels » « l’UNEF-RE et les autres organisations n’ont guère d’influence ».
14/03/71. Dimanche. Vertadier est élu dès le premier tour des élections municipales.
17/03/71. Mercredi. Léo Ferré est au théâtre, sa représentation est bousculée et annulée par des autonomes « un commando de perturbateurs ».  La grève de la faim continue, sans faire pour autant beaucoup de bruit. Le comité d’information de Centre Presse rappelle aux grévistes l’indépendance de la Presse. L’UNEF appelle de son côté les étudiants à désormais se mobiliser pour leurs conditions de vie et d’étude.
18/03/71. Jeudi. 8ème jour de grève de la faim, une déclaration de soutien aux grévistes paraît dans Centre Presse tout en condamnant les violences policières.
21/03/71. Dimanche. Les grévistes de la faim tiennent une conférence de presse à l’église St Paul. Ils contredisent les communiqués des journalistes sur « l’indépendance de la presse »et sur la « négation du métier de journalistes ».

22/03/71. Lundi.
Une deuxième gréviste est hospitalisée. Un meeting de soutient est organisé au lycée Camille Guérin. Un sit-in est ensuite effectué avant que le cortège ne se rende à l’église St Paul.  Les slogans sont dirigés à la fois contre la presse régionale et contre les forces de l’ordre.
24/03/71. Mercredi. Interruption d’examens partiels en 3ème année de lettres, les étudiants votent à bulletins secret pour un grève en soutien des grévistes de la faim. Une journée est organisée par l’UNEF contre les poursuites engagées dans différents établissements contre des étudiants et pour de nouvelles revendications matérielles. Elle se tient à Poitiers à l’Hôtel Fumé. Reçu par le recteur Moisy, les étudiants obtiennent de se dernier la transmission de leurs revendications au Ministre.
25/03/71. Jeudi. Une manifestation silencieuse de soutien aux grévistes de la faim est organisée, les slogans écrits sont toujours dirigés contre la presse.
26/03/71. Vendredi. La principale revendication des grévistes de la faim est satisfaite. Leur communiqué : « le point de vue des Grévistes de la faim » est publié dans les deux quotidiens locaux.
27/03/71. Samedi. Centre Presse, titre sur, « la fin d’une grève ». Reprenant le mot de Thorez, les journalistes disent vouloir mettre un point final à cette affaire.
    Le préfet de Région, Lucien Vochel écrit son « épître aux étudiants contestataires ». Il insiste sur l’impression de lenteur dans les changements universitaires, mais que ces changements ne sont que freinés par certains étudiants.

fin des évènements

Deux trois billes en plus.
Poitiers, n'avait ni la pénétrente, ni un maire de gauche et le campus était tout neuf.

AGEP : Assemblée Générale des Etudiants de Poitiers, UNEF.

CIR : Convention des Institutions Républicaines, organisation socialiste de François Mitterrand (le PS n'existait pas).

Faure (loi) : Loi mise en palce par le minsitre de l'éducation nommé après juin 1968. Son but, mdernisé les facultés en y introduisant de l'autogestion par les enseignants, les personnels et les étudiants. Rejettée par les étudiant de droite car favorisant l'émergence de la gauche dans les facultés, réjettée par l'extrême gauche comme une tentative du pouvoir de noyer les mobilisations.

FEP : Fédération des Etudiants de Poitiers, ancêtre de l'AFEP, apolitique de droite, contre la loi faure, et contre les manifestations.
Geismar : Leader de mai 68, syndicaliste enseignant, créateur de la Gauche Prolétarienne, organisation maoïste très radicale revandicant noombre d'attentat et de séquestration en France.
Gauchiste : terme encore non-péjoratif, signalant tout ceux qui étaient plus à gauche que le parti communiste.

Heitz (Carol) : Professeur d'Histoire, doyen de la fac de lettres (il ny avait de différences en lettres et sciences-humaines). réformiste, homme de centre gauche, ouvert mais incompris.

Jeanneau : doyen de droit, homme de centre droit, mais plutôt conservateur.

Ligue Communiste : ancêtre de la LCR.

Maoïstes, l'extrême gauche de l'extrêm gauche d'alors, une volonté, tout pour le peuple, tout par le peuple.

Moisy : recteur de l'académie, très conservateur.

PSU : Parti Socialiste Unifié, autogestionnaire proche de la jeune CFDT, très implanté chez les jeunes, gouverné par Michel Rocard.

Situationnistes : mouvement artistico-politique, se voulant enfant du suréalisme, une importance dans le discours mais rien dans la forme, pas d'organisation sur poitiers.

UER : Nos UFR contemporains.

UJP / UDR : Union des jeunes pour le progrès, tenue par chamard sur poitiers, les jeunes populaires d'alors, UDR, Union pour la Défense de la République, parti majoritaire, gaulliste mais plus libéral (l'équivalent de l'ump)

UNEF : il y avait à l'époque deux unef, l'unef-re (les staliniens du PCF) et l'unef-us (trotskistes et socialistes unifiés).

Vertadier (Pierre) : maire de droite de Poitiers, réélu au premier tour au cours du mouvement.

Vochel (Lucien) : Préfet, relativement libéral et ouvert avec les étudiants.
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J
Euuh, loin de moi  l'idée de polémiquer, mais plus que la date de création de FR3, c'est la date d'arret des manifestations de soutien aux prisonniers  politiques basque qui m'interesse..... voila quelque chose qu'il faudrait remettre au gout du jour chers camarades.....non???hehhe, oui je suis content!
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J
quand je dis FR3 c'est une abréviation c'est tout, à la base ce doc étzi uniquement pour moi... voilà pourquoi
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L
De mes connaissances de l'histoire audiovisuelle, la première et la deuxième chaine (telle était leur nom sous le régime de l'ORTF), effectuait des décrochages régionaux. Cherche une troisième chaine dans les programmes TV de la presse de 1970-1971, tu verras.Bref ne voulant pas avoir le role du mec ignorant qui ne fait que raler, c'est un beau et gros travail que tu as effectué en établissant ce calendrier disons. Mes respects.
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J
ludo, les articles de presse précisent bien la "télévision régionnale"... et puis il y a avait encore quelques temps un magazine tous les dimanche matin avec les archives de la télé régionale donc...
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M
Tu as raison pour les dates...Bein dit donc c'était autre chose qu'avec les collabos... heu nez rouges!
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