Tension sociale, tension politique, tension historique, tension géographique même. Le temps est tendu.
Pendant plus d’une semaine, j’ai été quasiment coupé du monde, planqué au fond des Pyrénées, n’ayant ni télé ni autre radio que la Radio Classique Espagnole et préférant la neige au libé du matin, l’information n’a pas fait mon quotidien. C’est donc sur le chemin du retour en écoutant France intox que la perfusion a été rebranché.
Et bien j’ai l’impression que notre France tente a se rebeller face au pouvoir autocratique qui ne sachant plus réellement où aller, tente par petites injections de faits divers politiques, de nous faire oublier qu’il est incapable de gérer la crise latente.
Tension sociale. Renouant avec des pratiques violentes et rares, synonymes d’une détresse que plus rien ne pourrait combler, les employés de Kébler sont à l’heure où j’écris en train de séquestrer des cadres de leur direction. La séquestration est l’un des actes ultimes de la détresse sociale. Un appel au secours, un appel au regard des autres. Quasiment jamais soutenue par les centrales syndicales, traumatisante pour ceux qui en sont les victimes, cette pratiques est celle des petits, de ceux qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes, dans ces cas, elle est cruelle mais nécessaire. Cela me fait repenser à notre petit président allant voir les salariés d’Arcellor en leur disant que l’État viendrait en aide à leur emploi… Le lendemain, Christine Lagarde démentait l’affirmation, sans que cela ait choqué quelqu’un.
Tension politique. Cela ne vient de la gauche, trop occupée à jouer les municipales elle est absente du débat d’opposition. Elle vient de De Villepin, celui contre lequel nous avons été des millions à manifester lors du CPE endosse le rôle de l’opposant gaulliste. Quelle tristesse, voire la droite critiquée par elle-même… De surcroît lorsque la critique est juste. La pratique du pouvoir telle que Sarkozy se l’applique est une offense à tout ce que nos républiques ont pu construire. Victor Hugo raillait Napoléon le Petit, aujourd’hui beaucoup de gens commence à faire ce rapprochement d’orgueil, d’ego et de malfaisance politique entre le neveux de Bonaparte et le mari de Carla. Depuis Mai, rien ne s’est amélioré, tout a empiré. Monopolisation médiatique, peopolisation de la chose, les feux de l’amour à l’échelle étatique, des ministres muselés, des députés (de droite) ignorés, des actions que n’en sont pas et de problèmes qui s’amoncellent.
Tension Historique. Je ne sais pas où il a pondu l’idée nouvelle de greffer à chaque enfant un martyr juif de son âge. J’avoue qu’il n’est pas évident de conscientiser les enfants sur un sujet aussi délicat que la Shoah. L’année dernière encore j’accompagnais un groupe de collégiens à Oradour. Rien n’est plus difficile que de faire parler des ruines devant des enfants dont la principale préoccupation est de savoir de quoi sera composé le pique-nique. De-là à faire se reposer le souvenir d’un enfant mort sur les épaules, il y a un pas, un grand pas. J’ai pour ma part été choqué, lorsque collégien je visitais le musée Israélien de la Shoah, Yad Vachem, tout la visite faisait prendre conscience à des gens déjà bien informé du terrible sort de millions de juifs au travers de l’Europe. La visite s’achevait par la traversé d’un couloir sombre et bleu Klein à la fois pendant lequel des haut-parleurs vous assénaient des noms d’enfants décédés. Bref, à part vous tordre les boyaux pendant cinq minutes et avoir une envie patentée d’incendier l’inventeur de ce corridor, cela ne faisait pas plus qu’un livre d’histoire prendre conscience des faits.
Ps : qu’en est-il des Homosexuels, des Tsiganes, des Manouches, des Communistes, des socialistes, des intellectuels…
Pour s’attacher un électorat pourtant pas dupe et une aura auprès des spécialistes, petit président nous a encore sortit une mesurette, qui mise sur le dos des enseignants ne servira vraisemblablement pas la cause historique.
Tension Géographique. Le Kosovo, encore province de la Serbie va déclarer son indépendance dans les prochaines heures. Cette indépendance est souhaitable, je la soutiens. Je sais de plus la souffrance identitaire de ce peuple qui réclame depuis longtemps déjà son existence propre. Cependant le risque de voir se rouvrir à moins de mille kilomètres de nos frontières un conflit militaire n’est pas minime. Le peuple Serbe réclame aussi cette province, une partie non négligeable de la population y réside et il serait dans tous les cas délicat de livrer ce petit état à lui même. La Serbie avait appelé Milosevic par les urnes, l’avait démocratiquement réélu, bien que mort (pendant la coordination de Poitiers en 2006), son parti existe bel et bien encore et il n’est pas écarté du pouvoir. Je crains donc une résurgence de la violence politique et militaire dans les Balkans.
Malgré les apparences, je reviens de mon escapade complètement détendu, près à me replonger dans la campagne municipale, dans la vie locale tout en reprenant mon mémoire.