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L'article de Libé sur Benoit Fleury


VÉRONIQUE SOULÉ
QUOTIDIEN : samedi 23 février 2008
Jamais les résultats d’un concours de l’enseignement supérieur n’avaient provoqué un tel séisme. Le 9 février, Benoît Fleury, l’ex-chef du GUD, violent groupuscule d’extrême droite, a été reçu major de l’agrégation en histoire du droit, le propulsant dans le cénacle universitaire. Passé le choc, la mobilisation s’organise. Fait rare, dans une déclaration publique, douze professeurs de droit s’inquiètent pour «le rayonnement» de leur discipline, tandis qu’à Poitiers, où il devrait être nommé, des étudiants lancent une pétition contre sa venue.

Benoît Fleury, 31 ans, s’est fait connaître comme patron du GUD (Groupe union défense ou droit, selon les versions) de 1995 à 2000 à Assas, haut lieu de l’extrême droite universitaire à Paris. Créé en 1968 et dissout au début des années 2000, le GUD est un mouvement ouvertement raciste et antisémite redouté pour sa violence.
 

«Lord» - le surnom de Fleury - revendique alors haut et fort sa fibre «fasciste, au sens italien du terme» et son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle, dans l’Echo des Savanes en 1999. Surtout il aime la baston. Il est à plusieurs reprises exclu d’Assas pour agressions, injures racistes, manifestations antisémites, etc. En 1998, il écope de trois mois de prison pour avoir attaqué d’autres militants d’extrême droite.

 

Amnistiées. Mais depuis le début des années 2000, il semble s’être rangé, après une ultime bataille, perdue, pour obtenir une bourse et un poste à Assas. Il a fait une thèse sur L’abdication dans le droit public européen de l’époque moderne, sous la direction de Jean-Marie Carbasse, un universitaire respecté et classé à droite. Il est devenu chargé de travaux dirigés à Rouen, puis maître de conférences à Montpellier-I. Ses condamnations ont par ailleurs été amnistiées, lui permettant de présenter un casier judiciaire vierge à l’agrégation d’histoire du droit, un concours qui se déroule tous les deux ans.

 

Mais pour les étudiants de Poitiers, une université très engagée durant la lutte contre le contrat première embauche et, l’an dernier, contre la loi sur l’autonomie des universités, le passé pèse trop lourd. «Il incarne une droite extrême et nauséabonde», écrit la pétition qui circule sur le Net (www.poitiersditnon.fr), «l’Université de Poitiers et son UFR [ faculté, ndlr ] de droit, le plus vieux de France, tiennent à garder leur honneur et leurs valeurs humanistes et républicaines.»

 

Prudents, les douze professeurs d’université (1) qui ont signé une déclaration (voir Libération.fr) soulignent qu’ils ne remettent nullement en cause le jury du concours qui a décerné la première place à Fleury. Mais ils rappellent que la loi «réprime les actes et discours racistes, antisémites et négationnistes et que les enseignants d’une discipline à la fois historique et juridique doivent se sentir particulièrement responsables du respect des dispositions destinées à protéger la dignité humaine contre la haine et le mensonge». Ce qui inquiète le plus est le silence de Benoît Fleury, que Libération a cherché à joindre. Les sites d’extrême droite ont salué sa réussite à l’agrégation, comme s’il restait l’un des leurs. Lui-même ne s’est jamais dédit. En 2005, il contestait encore auprès du Conseil d’Etat - qui l’a débouté - le refus de la présidence d’Assas de lui décerner une allocation de recherches.

 

Veto. «Nous ne deviendrons pas un deuxième Lyon [Lyon-III fut un bastion universitaire du révisionnisme, ndlr] , assurent les étudiants de Poitiers. Lundi, la question doit être évoquée lors d’un conseil d’administration. Le représentant étudiant, Stéphane Séjourné, va demander au président de s’opposer à la nomination de Fleury. «La nouvelle loi nous donne bien un droit de veto, mais pas sur les postes des agrégés du supérieur comme lui», explique le président Jean-Pierre Gesson. «Nous aurions préféré qu’il aille ailleurs», poursuit-il, allusion au fait que Fleury avait d’abord songé à Nîmes, et aux tensions au sein de son université, «mais je ne peux rien faire si ce n’est rappeler que nous avons des règles et qu’en cas de dérapage, je recourrai au conseil de discipline». Fleury devrait être reçu jeudi par le doyen de la fac de droit, s’il ne s’est pas découragé d’ici là.

 

 

(1) P. Arabeyre, J-M. Augustin, M. Bouvet, C. Bruschi, D. Deroussin, N. Dockes, F. Garnier, E. Gasparini, J-L. Halperin, C. Lauranson-Rosaz, C. Leveleux-Teixeira, J. Poumarede.

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L
L'Université de Poitiers vient de se déshonorée en cédant à la pression d'une poignée d'étudiants et de profs.Quant on pense que l'Université de Jussieu a accueilli le traitre et tortionnaire Boudarel en 1987( chef d'un camp de concentration du Viet-minh où ont péri des centaines de soldats français).J'ai honte pour Poitiers-ma ville natale- et pour la France.J'ajoute que j'ai honte pour le journal "La Nouvelle République" qui a produit un article vénimeux digne des "heures sombres de notre histoire".
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S
Sans aller jusqu'à tomber dans la catégorisation un peu facile, il est vrai que dans un pays comme le nôtre, il est difficile de comprendre pourquoi quelqu'un qui a subi une peine judiciaire et n'est jamais retombé dans les comportements pour lesquels il a été puni ne pourrait bénéficier de la même bienveillance que celle que l'on offre sans arrêt aux criminels récidivistes. Et je ne parle pas du petit voyou qui vole un vélo ou un portable, mais bien de prédateurs sexuels et de meurtriers. Il est condamné sans même être entendu, et ça, c'est intolérable quand on défend les valeurs qui ont prévalu ces deux derniers siècles.
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G
Voilà un commentaire sencé! Monsieur Fleury n'a pas toujours eu la loi pour lui, mais là, en l'occurence, il est dans son bon droit. Alors qu'on lui foute la paix! Il ne va pas vous empêcher de penser comme bon vous semble et il n'est pas la pour ça! Arrêtez donc de nous parler de sa violence et ses faits passés qu'il a payé alors que vous votez réinsertion. Et la racaille qui a passé ses 10 15 ans a dépuoiller des mecs et insulter des filles, quand elle décide de tourner la page on la laisse faire, alors soyez un peu honnête! Moi je le soutien ce Benoît fleury!
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A
Bonjour à tous et toutes.<br /> <br /> Je précise de suite que je suis en droit dans l'est de la France, non "encarté". <br /> Ceci posé, je me demande d'où peut venir une telle violence. <br /> Du fait qu'il vient du GUD? du fait qu'il ait, dans sa jeunesse, participé à des bagarres? Qu'il ait, un temps, véhiculé des idées totalement contraire aux principes de notre pays?<br /> <br /> Il était jeune, et tout les jeunes font des erreurs où prennent des chemins qui ne sont pas les plus sages.<br /> <br /> Pour autant, faut-il le mettre au piloris en place public avant même de l'avoir attrapé?<br /> Faut-il le saigner à blanc avant d'avoir écouté la moindre de ses paroles?<br /> <br /> Je ne suis pas vindicatif, tout au plus interrogé par cette atitude de défiance. Auriez-vous la même si un professeur préchait ouvertement le bienfait des goulags?<br /> <br /> Bref, quoi que cet homme ait fait dans son passé, il a été jugé, condamné, mais il a, par son travail gagné le droit d'enseigner la où il le souhaite, et cela, c'est vous qui n'avez pas le droit de lui retirer.<br /> <br /> Avec mon respect et mes salutations.
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R
Toutes les réactions que je recueille sont scandalisées devant le dégueulis stalinien des députés et responsables PS, communistes, verts et Modem qui ont signé la pétition. Quelle bande de tocards.<br /> <br /> Honneur à elle, Ségolène ne s'est pas (encore) jointe à la meute. Mais si elle le fait... Elle va entendre ma voix.<br /> Et je ne lui donnerai plus jamais la mienne.
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