Dans la série "Sarkozy: les conséquences de son pouvoir" voici le texte traduit du journal El Pais. Ce texte a été repris par Courrier International. Le magazine avait décidé de mettre cet article en exergue sur ses affiches en titrant "Sarkozy: ce grand malade". Oui mais voilà: refus de la RATP d'exposer ces affiches et refus des magasins "Relay" (magasins de presse que l'on trouve régulièrement dans les gares ou dans les stations de métros). Appartenant au groupe Lagardère, Relay a imposé un choix à Courrier Internationale (voir rue89): soit détruire ces affiches, soit les plier. Conclusion: les affiches sont affichées et le titre...caché. Forcèment: "Sarkozy: ce grand..." change complètement la donne et souleverai, en ces temps orageux pour le président, bon nombre de curiosités. bref, trève de suspense, voici le texte, source de polémiques:Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyperdirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu’ils ont écopé d’un président comme ils en ont déjà connu beaucoup d’autres : à savoir malade, limité, qu’il faut dorloter et protéger tout en s’organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir. La situation n’a rien d’inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pendant une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable. Plus on s’approche du 9 mars, date du premier tour des élections municipales, plus la nervosité des candidats du parti présidentiel augmente et plus on redoute les interventions de Sarkozy, susceptibles de faire perdre des voix à l’UMP. Le parti du chef de l’Etat est divisé à cause de tensions qu’il a lui-même créées. Le traitement qu’il a infligé en public aux uns et aux autres, y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne du comportement d’un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais. Même son actuelle impopularité est extravagante : elle ne s’explique pas par un train de réformes puisque ces dernières sont encore largement inappliquées. Elle s’explique uniquement par son comportement public. Un triomphe de sultan, seigneur en son sérail Le trône qu’occupe Nicolas Sarkozy a été imaginé par de Gaulle pour lui permettre d’être le troisième larron d’un monde bipolaire. Le président français voulait être un fier contrepoids occidental dans l’affrontement entre Washington et Moscou. Or Sarkozy, arrière-petit-fils libéral et proaméricain de De Gaulle (après le petit-fils, Chirac, et le fils, Pompidou), s’est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs. Certes, le pouvoir peut en apporter beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas trop en faire étalage. Sarkozy le téméraire fait tout le contraire et se vautre dans l’exhibitionnisme.C’est sur trois points précis qu’est venu se briser le personnage : l’économie, qui n’a pas enregistré la moindre amélioration depuis son arrivée ; son idéologie plus néocons, voire “théocons”, que gaulliste – en témoignent des prises de position sur la laïcité contraires à la culture de la République ; et sa vie privée, étalée dans les médias. En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d’achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges : “Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?” En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n’a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public – et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco. Lluís Bassets
À part tous mettre un lien différent, il se passe quoi si dailymotion, youtube ou consort l'efface cette vidéo ?Vous êtes même pas propriétaires des données que vous affichez sur vos blogs, comment vous espérez lutter contre "la censure" quand vous ne pouvez même pas assurer la survie de votre information ?Rah des fois je me dis ...Cela dit rassurez vous, même TF1 l'a diffusée cette vidéo, je ne pense pas qu'elle sera effacée dorénavant.
Salut Julot. T'as remarqué, ils ont déjà supprimé le contenu... Va sur Pourquoipas poitiers, j'en ai posté une autre qui reste viable... Pour le moment. Bonne suite de l'affaire
Non mais on le sait qu'il est comme ça... Après c'est un choix que vous faites de vous arrêter aux détails, comme ça pendant cinq on ne parlera que de ses bling-blings, de sa vie personnelle, de son mont-blanc et de ses écarts de conduite. Un peu comme pas mal de notables du PS l'on fait ses derniers temps dès qu'il y avait une caméra, mais la France kiffe ça, t'inquiète bébé. Et puis, à la limite, quand on a le temps on parle des trucs trop gros comme son comportement au diner du CRIF, de son plan banlieu et des trucs comme ça mais on entre surtout pas dans le fond, après tout il donne pas l'impression de bosser 7j/7, pas la peine d'être vigilent pendant tout ce temps alors :)PS : L'avantage, c'est que quand je loupe le petit journal actu de canal, je peux vite tout rechoper sur le net dans les grands quotidiens :) manque juste le ton caustique que j'aime bien.