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Grand Rue côté cœur…

Grand Rue côté cœur…

C’est marrant, mais comme de par hasard, je fais un paplart sur la rue et la NR fait le même, hein Adrien !
Après le côté boire, qui concerne plus spécialement notre foie voici maintenant le côté cœur, je vais donc passer en revue les adresses qui me plaisent particulièrement dans le decumanus romain. Contrairement à la dernière fois, je commencerai par le bas de la rue, coté Clain.
impasse st michel rue médiévale par vous Personnellement, mon premier temps d’arrêt, je le marque à Toon’s Shop, magasin désormais en ligne de musique electro, paradis du teufeur. Des piercings aux t-shirts en série limité, il y a de quoi ne pas passer inaperçu lorsque tu entre la première fois dans ton amphi. Pour les jardiniers en herbes, on trouve même de quoi venir à bout d’une production… L’ambiance est sobre et les habitués savent qu’ils peuvent y venir brancher leurs casques sur les platines délivrant le dernier son à la mode. Tu remontes un petit peu ? Je te conseille sur ta droite l’impasse St Michel, c’est minuscule, je crois que c’est l’une des ruelles les moins connues comme l’une des plus désirables de la ville, au bout se trouve une petite fresque sympa et surtout retourne toi, la vue sur la cathédrale vers 9h 10h du matin, lorsque le soleil pointe le bout de son pif, vaut un contre jour mémorable.
Presque en face se trouve désormais une « nouvelle » galerie d’art, oui la grand rue c’est l’espace des galeries d’art (académique) de Poitiers. Les crocs de boucher, ceux-là mêmes qui auraient pu accueillir Mussolini en sont temps ont été repeint, la devanture rouge sang rappelle que le lieu fut dans un passé proche un endroit où l’on pouvait se rendre pour acheter un steak de cheval.
La rue qui monte toujours vous emmène ensuite dans un lieu déjà cité dans les commentaires, la Librairie de l’Escalier. Jusqu’en première année de fac, je m’y rendais régulièrement, j’avoue que j’ai malheureusement peu l’occasion désormais de m’y rendre. Au son de radio classique vous pourrez chiner de vieux livres aux dernières sorties. Des livres, oui, il y en a partout, en haut, en bas, à gauche à droite… Le chien un peu grognon au début viendra petit à petit vous accompagner dans votre recherche, lorsque vous irez régler votre achat à la barbe blanche, père noël du lien, retournez-vous, si mes souvenirs sont bons, il doit encore y avoir une authentique affiche de mai 68, le fameux pavé siglé du « moins de 21 ans ceci est ton bulletin de vote ». Le lieu vaut le détour rien que pour l’échange avec le libraire, homme à pipe, Brassens à barbe blanche.moins de 21 ans voici votre bulletin de vote par vous
Côté bâtiment, vous venez de passé devant un superbe hôtel particulier. Aujourd’hui occupé par la DRAC, on peut y entrer la restauration de la cour et des murs apparaît alors au grand jour. Oui, le ministère de la culture n’a pas toujours été radin. Un peu plus haut encore, l’un des mystères (petit) de l’architecture médiévale poitevine, la maison aux trois clous. Post-gothique typique du XVème siècle, une façade crénelée de petites gargouilles, la description de la bâtisse m’arrête toujours quelque instants au cours de la descente.
Nous sommes presque à mi-hauteur de la rue et deux enseignes vont se partager votre attention. La plus basse, la ciergerie Guédon. Une vraie de vraie, des cierges pour le monde entier y sont produit de manière artisanale, des bougies aux milles senteurs, milles couleurs et milles odeurs. L’endroit est réellement réputé car il s’agit là de l’un des derniers spécialistes du pays. Encore plus rare, un fabriquant de parapluie. De la toile aux manches en passant par les baleines, tout ici est conçu pour vous. Envie d’être protégé par un objet unique, fait main et sur mesure, rendez-vous chez les frères François. La boutique est l’une des plus anciennes enseignes de la ville, une question subsiste… La relève existera-t-elle ?
Je passe sur toutes les galeries d’art, on aime ou on n’aime pas. Moi j’aime. J’y arrive enfin, j’aurais pu classer l’endroit dans les bars, j’ai hésité mais il faut surtout saluer sa fonction première, non le 140 Grand Rue n’est pas encore un musée. Le siège du parti communiste dispose d’un rideau de fer (mdr) aujourd’hui peint à la mémoire de Mumia Abu Jamal, noir américain, militant politique condamné à la peine de mort pour y crime dont on attend toujours les preuves. A l’occasion quelques ados en mal de sang bleu et de monarchie absolue sont venu tagger l’œuvre avec une croix celtique et une fleur de lys, non les taggeurs ne sont pas que des jeunes de banlieue. Il vous faut passer la porte au moins une fois. Au rez-de-chaussée, un bureau, tu peux y acheter l’Huma, tu peux même t’y abonner. Au fond à gauche, l’arrière-boutique recèle l’un des secrets du communisme. Une véritable imprimerie, des photocopieuses, duplicopieuse, rotatives et autres presses. Le PC de la Vienne édite toujours son Rouge-Gorge et la lettre des élus, mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas encore s’y longtemps paraissait un véritable hebdomadaire relayant les différentes luttes locales, les infos nationales, demandant (déjà) des souscriptions, le tout entre deux éditos de l’inamovible Fromenteil… à l’étage, les salles de travail, les bureaux et un bar dont le PS devrait prendre de la graine, au PC on est pas payé cher mais qu’est-ce qu’on rigole. L’endroit recèle aussi de quelques petites histoires marrantes, Chamard serait allé négocier deux trois trucs en mai 68 là-bas. Une cache d’armes de résistants, oubliées avec le temps, les armes sont, peu après mai 68 tombées du plafond. On imagine l’embrouille si cela s’était passé pendant le joli mois de mai…De nombreuses archives y sont conservées, vous pourrez les consulter sur demande, c’est toujours bon à savoir pour les historiens.
pompiers dans la grand' rue de poitiers par vous Ami lecteur, le Feu Rouge it’s the place. L’histoire est simple, pour éditer ses propres bouquins, sans passer par les circuits habituels, il vaut parfois mieux le faire soi-même. Mon oncle l’a fait début 70, l’histoire s’est reproduite avec la joyeuse équipe de Flblb (prononcez Fleubeuleub). La maison d’édition se trouve toujours près du Leclerc, route de Gençay, la proximité d’un feu de signalisation, à permis à des esprits éclairés de trouver le nom « librairie du feu rouge » rapidement délocalisé dans le centre rue Descartes avant de gagner la Grand Rue. A l’intérieur du trouveras de nombreuses BD alternatives (éditions des requins marteaux, de l’association, fanzines…) mais pas que… Flip books, poésie, photos, gadgets… J’avoue cependant avoir un très gros faible pour les  " petites histoires "  de Grégory Jarry et d’Otto T.
La rue pointe le bout de son nez et l’on commence à se fatiguer. Reste pourtant les jouets en bois de l’angle de la rue Arsène Orillard. Et puis il y a les boutiques root, are krishna oreilles piercées… Le singe blanc y tutti conti. Reste la boutique de modélisme où j’ai durant mon enfance dépensé les quelques argents de poches des lendemains de fêtes.
Bref la Grand Rue, c’est pas que des Bars.
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P
Bonjour, j'écris du slam (poésie contemporaine), je peins et dessine (amateur et autodidacte). Alors à bientot et bon week end
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A
Simple coincidence si on parle de la Grand Rue en même temps. Mais la série de la NR sur cette rue était prévue depuis 2 semaines. Elle se termine d'ailleurs aujourd'hui.
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G
Merci pour cette description très sensible du lieu, c'est chouette ;-)Et désolée pour mon commentaire publié dans le "côté boire". Dans la précipitation, perplexe de ne pas voir citée la fameuse Librairie de l'Escalier, je n'avais pas tilté qu'il s'agissait de recenser les bars et autres petits coins sympas. Mea culpa. En tant que poitevine de souche, je te remercie grandement pour cette ballade poétique :p
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M
Tu sous-entendrais que la Presse locale serait de mèche avec toi, jeune conseiller municipal... non? ça se saurait voyons !
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