Samedi 7 mars à Tours, il est 23h, après un appel lancé sur Facebook, une fête « Alarash » s’organise Place Plumereau (l’équivalent de notre Place du Marché, Bars, étudiants…). Rapidement, des individus mettent le feu à des palettes semble-t-il pour égayer la soirée… Les pompiers sont appelés, interviennent, mais se font caillasser par ces mêmes joyeux drilles. Ils appellent à leur tour la police pour les protéger, rebelote, ces derniers se retrouvant dans l’impossibilité d’agir appellent en renfort des gendarmes etc etc. Pendant plus de six heures, le cœur historique de Tours ressemblera donc à un champ de bataille à mi-chemin entre les nuits parisiennes de mai 68 et les émeutes de novembre 2005.
Le message était-il politique ? Il est difficile de le penser. Aucun slogans (hormis les « police partout justice nulle part, crs-ss…). Nous arrivons donc aujourd’hui à des situations où sans être politique la révolte gronde. Le ras-le-bol étant général, les causes quasi impossibles à résumer, beaucoup de gens s’accordent, s’entendent à un instant t pour contrer sur le terrain la représentation la plus visible du pouvoir : la police. À l’heure où l’on devient patron par copinage, où les humoristes doivent tourner sept fois leurs stylos avant d’écrire leurs chroniques, où les étudiants sont au mieux inaudibles au pire muselés, je ne m’étonne plus que l’on arrive à des situations de jacquerie. Mais qu’est-ce qu’une jacquerie me direz-vous. Il s’agissait des révoltes locales orchestrées notamment par les croquants dans le sud-est de la France au XVII siècle. Majoritairement paysannes comme l’était la population alors, ces révoltes n’avaient pas de mot d’ordres établis, peu de chefs, mais avaient toutes comme point commun, le refus de la situation. Sans vouloir chercher l’anachronisme on pourrait y retrouver des revendications récentes, vie-chère, précarité, pauvreté, mal-logement, manque d’avenir, et surtout haine des puissants, religieux, seigneurs et autres. Même cachée, la violence est bien présente dans les combats politiques de ces dernières années, des syndicalistes dans le Coma pendant le CPE, des lycéens et étudiants matraqués l’année dernière, la grève de Carhaix en juin dernier et désormais tous les combats des trois derniers mois surtout ceux de l’Outre-Mer … La situation est loin d’être révolutionnaire, mais elle n’est pas loin d’être insurrectionnelle.
PS : La blague des derniers jours : faire voter l’insurrection en AG… une insurrection ça ce fait, ça ne se vote pas… A bon entendeur, je préfère une démocratie qui fonctionne.
Heu, on parle bien de la soirée facebook qui a mal tourné à Tours, place Plumereau, pas de Strasbourg, de Gènes ou même de la banlieue parisienne... Il y avait 15 ou 20 flics en tenue anti-émeute à tout casser, face à 70-80 personnes (quelques dizaines, comme je disais donc, pas une dizaine comme tu as voulu le lire). S'ils avaient voulu charger dans le tas, c'est pas les quelques poubelles qui cramaient qui les auraient empêché de faire quoi que ce soit... La bataille rangée n'a d'ailleurs pas duré 6 heures, commençant à 23h et se terminant à 3h, c'est à dire qu'à cette heure là tout le monde avait quitté la zone. Donc, on parle bien de Tours, une ville sans histoire, qui ne bouge jamais en dehors des traditionnels "combats" annuels des tanneurs. On ne parle pas d'une émeute comme en 2004 dans les banlieues désoeuvrées de Paris puis des grandes villes, ni d'un mouvement de foule massif dont le but est de revendiquer quelque chose ou de faire état d'un malaise social. Cramer des poubelles et jeter des bouteilles, c'est pas une émeute, c'est de la connerie. On n'est pas dans une répression d'une manifestation de jeunes qui ont la trouille pour leur avenir, et qui malheureusement dégénère parce qu'un flashball est mal employé et touche un jeune à l'oeil. On n'est pas dans le revendicatif qui est réprimé comme à Londres. On n'est pas dans un mouvement de casseurs venus exprès à l'occasion d'un rassemblement politique. C'est juste une expression de la débilité profonde qui touche Tours. Le simple fait que des groupes aient pu voir le jour sur facebook, avec pour titre "si toi aussi tu t'es cru à Bagdad ce soir-là" illustre le peu de respect que ces gens peuvent avoir pour des situations dramatiques en les comparant à un événement bénin qui sera probablement la seule chose qui les troublera dans leur petite vie bien douillette. Le même événement au Sanitas aurait certainement eu plus de fondements sociaux et une dimension nettement plus revendicative que ces quelques incidents. L'explication au "pourquoi les flics n'ont pas chargé" est par ailleurs extrêmement simple: dans le tas, il y avait très certainement des fils et des filles de notables locaux. Ca fait toujours tâche d'arrêter le fils d'un adjoint au maire ou la fille d'un magistrat, ou même de matraquer le fils d'un patron d'une entreprise du coin... Faut pas s'y tromper: la population de la place plumereau le samedi soir, c'est pas majoritairement des fils d'ouvriers et de chomeurs.
je te l'accorde, mais dans ma conception : encadrer des débordements en mettant quelques coups de matraque ou en balançant de la lacrymo, c'est laisser pisser...Si le gouvernement veut empêcher la casse, il en a les moyens mais pas la volonté. C'était le sens de ma pensée.Après ok sur un mouvement spontané, il peut y avoir une supériorité de ceux qui bougent. Mais dans ce cas, il est rare que ceux qui bougent soient précisément des gens suffisamment formés pour être capables de mener une offensive très longue.
ok mais dans ce cas là l'argument selon lequel les flics laissent pisser en ce moment n'est pas recevable...Je pense contrairement à toi que les flics peuvent se faire déborder dans certaine situation évidement quand ils sont à 2 contre 1 ils maitrisent... Je pense qu'à Tours ils s'y attendaient pas et avaient pas forcement n le nombre ni le matos en conséquence (par exemple on a put voir dans certaines manifs des pannes de lacrymo). Et je pense que c'est quand ils sont acculé et débordés qu'ils sont les plus dangereux (exemple typique: le carabinier dans sa jeep à Gênes).
je ne sais pas j'étais pas à Tours.Mais masse de monde ou pas, je suis intimement convaincu que si les ordres de la police en général étaient différents, il y a peu de gens qui tiennent en face. Ensuite, il peut certainement y avoir des bavures, mais le plus souvent, flashball et lacrymo ne sont pas déployés sur des manifestants qui défilent tranquillement, mais bien quand cela commence à dégénérer avec des manifestants qui ont envie que cela dégénère. Note bien qu eje n'ai pas dit que j'étais contre. Faut pas venir chialer derrière en se faisant passer pour des martyrs. Mieux vaut rester chez soi et jouer à la play station dans ce cas.
je te parles de tir de flash ball et de tirs tendus de lacrymo potentiellement mortels... Pour en revenir à Tours je pense pas que les flics en aient eu les moyen (à moins de sortir les flingues) parce qu'il doit pas y avoir 5à brigades de police anti émeutes à Tours... et y avait masse de monde en face...