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En prison pour ses photos...

Cuba. Omar Rodríguez Saludes a photographié pendant huit ans les quartiers méconnus de La Havane. Jusqu'en 2003, où le régime castriste l'a condamné à vingt-sept ans de prison. Il n'a jamais vu ses clichés car il les faisait développer à l'étranger.

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Il y a les quelques rues du quartier de La Vieille Havane, Disneyland colonial aux bâtisses immaculées parce que rénovées avec l'argent de l'Unesco. C'est le passage obligé des groupes de touristes avant qu'ils n'aillent se prélasser sur les plages du ghetto «sea and sun» de Varadero. Et puis il y a la réalité cubaine, souvent à deux-trois rues de là à peine. Mais ces rues-là sont sombres et le touriste n'aime pas le sombre. C'est un autre visage de La Havane, le vrai, celui de la débrouille, de la galère quotidienne, de la pauvreté, de l'économie à bout de souffle. Cette réalité-là, Omar Rodríguez Saludes l'a photographiée huit années durant, en prenant son vélo, tous les matins, pour sillonner sa ville. «Il était infatigable, se souvient sa femme Ileana. La rue a été son école de photographie.» A Cuba, ça ne pardonne pas.

Entre le 18 et le 20 mars 2003, alors que le monde a les yeux tournés vers l'Irak, où Bush vient de déclencher son offensive, Fidel Castro organise une des plus grandes rafles contre la dissidence depuis sa prise de pouvoir, en 1959 : 75 opposants arrêtés, jugés sommairement et condamnés. Parmi eux, un tiers de journalistes indépendants, ceux-là qui, souvent avec une simple pièce de monnaie et une cabine téléphonique, transmettent nouvelles ou chroniques de la vie quotidienne à des agences Internet artisanales basées à Miami ou à Madrid.

Quand la police politique de Castro a perquisitionné le domicile d'Omar Rodríguez Saludes à La Havane, elle a trouvé des preuves certaines de sa collaboration avec l'«empire américain» : appareils photos, machine à écrire, rames de papier A4... (A Cuba, les rares photocopieuses autorisées sont étroitement surveillées par la police.) Sur ces accusations, Omar Rodríguez Saludes a été condamné à vingt-sept ans de prison.

En 1995, âgé de 29 ans et après des études de dessinateur industriel, il a commencé à se passionner pour le photojournalisme. Jusqu'à son arrestation, il se définissait comme un «photographe aveugle», parce qu'il n'a jamais vu les tirages de ses clichés. Par contacts, par relations, ou simplement en abordant les étrangers, il envoyait ses pellicules, souvent via l'Europe, à l'agence Nueva Prensa Cubana (NPC) à Miami. Des milliers de photos ont été perdues en chemin, mais NPC garde un fonds d'environ 3 000 tirages.

Elle en a sélectionné 75 (en référence aux 75 condamnations de 2003) pour une exposition qui s'est tenue du 12 au 26 mai à Miami au siège du quotidien en langue espagnole Nuevo Herald, manifestation intitulée «Una pelea cubana contra los demonios» (Une bagarre cubaine contre les démons). Les photos d'Omar Rodríguez Saludes sont «le témoignage de la douleur et de l'horreur qui règnent sur l'île, sans pittoresque ni camouflage», commente Nancy Perez Crespo, la fondatrice de NPC. Pour le dissident social-démocrate Vladimiro Roca, à La Havane, elles sont «un legs qui entre dans l'histoire récente de notre pays».

 

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D
Bonjour, intéressant ton blog. Même si je suis du Canada je connais votre région puisque nous les Acadiens avons des liens avec votre ville.<br /> Bonne saison d'été et bonnes vacances!<br /> De l'Acadie(Canada)
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S
Bonjour,<br /> Je viens de découvrir ton bog avec joie....il est vraient super bien.<br /> Très bonne continuation...j'y passerai de temps en temps...Bravo.<br /> A bientôt.
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