Une manfestation de lycéens? Rien de nouveau a priori car les lycéens descendent régulièrement dans la rue, pour accompagner leurs parents ou pour lutter contre des réformes dont ils saisissent plus ou moins les enjeux.
J'ai moi-même été un lycéen militant, j'ai longtemps manifesté : contre l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002, contre la guerre en Irak et contre la politique de décentralisation en 2003, contre les retraites en 2003 aussi, bref j'ai foulé du pavé. Ayant été parfois leader des actions menées je ne suis pas dupe des foules lycéennes... Oui il y a aura toujours des lycéens qui préfèrent sécher des cours que défendre une cause, oui certains ne seraient pas capable de dire précisément pourquoi ils sont dans la rue cependant je crois que l'on retrouve précisément ce phénomène chez les adultes salariés.
Le mouvement d'entrainement d'une foule est inhérent autant qu'il peut paraître désolant dans le monde animal, l'homme n'y dérobe pas. De plus on ne peut jurer que tous les manifestants (autant que tous les députés) maîtrisent précisément les réformes des retraites à travers les âges. Moi le premier j'avoue ne pas tout comprendre et ne prétendrai jamais le contraire. Cependant je défendrai le droit des lycéens à défendre dans la rue car jusqu'à preuve du contraire, personne ne les y oblige et le fait qu'une majorité des lycéens vont en cours prouve à mes yeux que la "manipulation" vendue par certains ne fonctionne de toute façon pas si bien que cela...
Cependant j'étais le premier étonné du déroulement de la journée du jeudi 14 octobre. Après un cours de philosophie de l'éducation à l'IUFM je souhaitais me rendre à l'Assemblée Générale Etudiante prévue à 10h00 mais les lycéens bousculèrent un peu le programme. Plus de 1000 ados déboulèrent sur le campus après avoir fait débrayer différents lycées. Ma première crainte fut celle d'une détérioration des facultés il n'en fût rien.
L'ensemble des lycéens se retrouvèrent dans le plus grand amphithéâtre de la Faculté de Droit, amphi de 800 places bondé. Il n'y eu pas à proprement-parlé de débat mais une suite de courte intervention ou le politique avait cédé le pas au spectacle, jusqu'à ce qu'une intervention appelle à une occupation de la gare après avoir tenté et réussi d'interrompre les cours sur le campus. Ensuite s'en est suivie une rapide course vers le centre-ville.
Ma première surprise? Que les lycéens ne se dispersent pas dans la nature. L'habitude veut souvent que lorsque des lycéens sont sur le pied de guerre à huit heure du matin ils ne soient pas forcément toujours au rendez-vous l'après-midi. Et bien pour une fois il répondirent présents. C'est dans un calme total qu'ils se retrouvèrent Porte de Paris pour occuper le symbolique rond-point pendant près de trois heures.
La clef de cette réussite, une police ayant gardée un sang-froid formidable, des syndicalistes présents et bienveillants et des jeunes motivés... A quand la prochaine?