




Entre camarades, bulletins de votes, rouge et téléphone portable à l'oreille...
Vous l'avez deviné, je n'ai pas passé une très bonne soirée. J'ai souhaité la victoire de DSK, j'ai combattu dans ce sens, j'y ai cru... La victoire de Ségolène est donc un peu amère pour quelqu’un qui a milité pour le candidat qu'il croyait le plus à même de remporter l'élection présidentielle. Nous avons perdu et je suis tenté de dire que c'est le jeu, un jeu politique, un jeu médiatique, un jeu d'opinion...
Quels enseignements tirés de ce plébiscite, car avec plus de 60% aucun doute n'est possible, il s'agit bien d'un tremplin vers une victoire, elle a tous les éléments en sa faveur, puissent-ils lui être suffisants.
Premier enseignement, les sondages de sympathisants étaient révélateurs de ce que votaient les militants? Je pense plutôt l'inverse, les militants ont suivi les sympathisants. C'est rassurant, mais je remets en cause mes acquis politiques, pour moi les partis se devaient d'être l'avant-garde, ils devront désormais suivre une opinion fondée en partie sur les médias. Une opinion qui changera peut-être sois favorablement, sois défavorablement… Un changement qui devra je l’espère nous conduire à un succès, j’avoue ne pas encore en être certains.
Deuxième enseignement, la sociologie du parti n’est plus ce qu’elle était il y a encore quelques mois. Il suffisait de venir voter hier. Vous croisiez en l’espace d’une soirée, des dizaines de camarades qui venaient comme vous voter. Le problème, vous, qui passez plus ou moins deux soirs pas semaines dans les réunions du parti, ces gens, vous ne les avez jamais vu, ils ne viennent pas sur les marchés, ils ne collent pas, ils ne débattent pas ne proposent pas… Sincèrement c’est la chose qui me fait le plus mal dans mon cœur de socialiste, me rendre compte que certaines personnes ont achetée leur vote. Le parti conservera-t-il tous ses nouveaux militants ? Je l’espère sans le croire. Des changements fondamentaux ce sont établis, les Fabusiens, j’en suis le premier surpris ont beaucoup souffert, ils ont énormément reculé, sur Poitiers je trouve cela encore plus fragrant, je m’en désole presque par amitié pour certains d’entre eux. À l’inverse, sans éclaté le plafond, les « Strauss » ont marqué la campagne, notamment dans le département en devenant la seconde force politique.
Troisième enseignement, il va nous falloir nous rassembler et nous allons le faire, par contre je souhaite que cela se fasse au sein du parti et non pas dans la Ségosphère. Je veux que nous réintroduisions le poing et la rose dans nos affiches, le rose foncé dans nos couleurs… J’espère que nous serons appelés à faire campagne. Par contre j’avoue ne pas pouvoir défendre certaines de ses propositions, la schizophrénie ira donc peut-être bon train ces prochains mois.
Elle devra me surprendre, nous surprendre… j’espère qu’elle le fera.