France Culture et l'émission "Sur les Docks" présente une sorte d'état des lieux de la jeunesse contemporaine. J'ai participé à l'émission qui sera diffusé Jeudi 15 mars prochain dès 16h. Il s'agit d'une suite de portrait, de parcours, de jeunes et de moins jeunes sur ce que nous, jeunes, sommes aujourd'hui... Je vai essayer de toutes les écouter et de la mettre ensuite en ligne sur le blog.
lundi 12 mars 2007
> Etats de la jeunesse étudiante (1/5) : Esprit es-tu là ? Université Paris 8 : que reste-t-il de Vincennes à Saint-Denis ?Un documentaire de Benoît Artaud et Vanessa NadjarEn 1968, à la suite des évènements de mai, Edgar Faure crée le centre expérimental universitaire de Vincennes avec des principes novateurs : ouverture aux non-bacheliers et aux étrangers, ouverture à de nouvelles disciplines (cinéma, psychanalyse, arts plastiques, informatique), remise en cause des formes classiques d’enseignement (pas de cours magistraux, absence de hiérarchie dans le corps professoral). Très vite, toute la gauche enseignante et professorale va se retrouver dans cette université au milieu des bois.
En 1980, l’université est déménagée à Saint-Denis, sur décision gouvernementale. Bon nombre de professeurs et d’étudiants y voient sinon une tentative de démantèlement, à tout le moins de ‘normalisation’.
2007, Paris 8 s’appelle toujours Vincennes à Saint-Denis. Le nom reste, qu’en est-il de l’utopie vincennoise ? Auprès d’étudiants et de professeurs, nous avons agité la question de ce qu’il reste de l’esprit de Vincennes dans cette université confrontée à de multiples défis, ceux spécifiques de son territoire : le 93, le département de la Seine-Saint-Denis (beaucoup d’enfants d’immigrés, d’étudiants étrangers, de bacheliers de filières non traditionnelles de l’université) et ceux de l’université en général (augmentation des accédants à l’université, forts taux d’échecs au premier cycle, étudiants en demande de diplômes professionnalisant, réformes européennes). Où peut se loger la rébellion issue de mai 68 dans l’environnement socio-économique des étudiants de 2007(précarité, peur du chômage) ?
Avec des étudiants et des enseignants de Paris 8 et des archives inédites du fonds Burkhalter déposé à l’Ina.
Producteur coordonnateur : Joseph Confavreux
Producteur délégué : Benoît Artaud
Réalisation : Vanessa Nadjar
mardi 13 mars 2007> Etats de la jeunesse étudiante (2/5) : La santé et les étudiantsUn documentaire de Christophe Deleu et François TesteEtre étudiant en 2007 ? Le rêve ? Dans les représentations souvent fantasmées de la vie étudiante, on imagine souvent une jeunesse insouciante et heureuse; un âge d’or presque. La réalité est beaucoup plus contrastée, et il ne fait plus forcément bon être étudiant en 2007 ; les débouchés professionnels deviennent incertains, les étudiants s’inquiètent ; leur santé n’est pas non plus très bonne, ce qu’attestent la première enquête nationale sur la santé des étudiants réalisée par ma LMDE et le rapport Wauquiez, en 2006 : le stress des étudiants augmente, et en raison de la dégradation économique de leurs conditions de vie, ils ne se soignent plus très bien. Ils renoncent à certains soins mal remboursés (dentaires et optiques), ou ne prennent plus de mutuelle, risquant ainsi en cas de grave problème de santé. Les pratiques alimentaires sont peu équilibrées, et la consommation d’alcool et de drogue est préoccupante. Les étudiantes ont aussi trop souvent recours aux IVG (5%).
Dans cette émission, regard sur les étudiants et leur santé.
Avec :
Corinne Clarac, directrice du SIMPS, Service interuniversitaire de médecine préventive et de promotion de la santé à Strasbourg ;
Michel Patris, psychiatre, président du CAMUS, Centre d’Accueil Médico-psychologique Universitaire) de Strasbourg ;
Maximilien Cartier, président de l’Afgès, Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg ;
et les étudiants Céline, Laure, Auréliano…
Productrice coordonnatrice : Irène Omélianenko
Producteur délégué : Chrsitophe Deleu
Réalisation : François Teste
mercredi 14 mars 2007> Etats de la jeunesse étudiante (3/5) : Ni rage, ni grands espoirs : les jeunes, l’engagement, la politiqueUn documentaire de Benoît Artaud et Philippe RouyA Poitiers, le mouvement anti CPE de 2006 s’est fait remarqué par sa réactivité - l'université ayant été la deuxième à voter le blocage - son inventivité, son absence de violence et par la participation massive des étudiants à des assemblées générales réunissant jusqu’à 4000 personnes.
Ils ont autour de vingt ans, sont nés peu de temps avant la chute du mur de Berlin, ne votaient pas lors de l’élection présidentielle de 2002 : ils ont une histoire politique très récente. Quel est leur héritage ?
Un an après cette mobilisation, "Sur les docks" est allé interroger étudiants et lycéens ayant participé au mouvement sur leur parcours, opérer un retour sur leur histoire personnelle, sur la généalogie de leur engagement politique.
Une interrogation en trois étapes : des étudiants rencontrés sur le campus de Poitiers, un groupe de lycéens, membre de l'association l’Esquisse et un jeune étudiant engagé dans un parti politique.
Comment retracent-ils leur histoire politique ? Quels sont les évènements qui les ont marqués ? Comment leur est venu le désir de s’engager ?
Producteur coordonnateur : Joseph Confavreux
Producteur délégué : Benoît Artaud
Réalisation : Philippe Rouy
jeudi 15 mars 2007> Etats de la jeunesse étudiante (4/5) : Les études, et après ? Radio foreverUn documentaire de Christophe Deleu et François TesteIls s’appellent Iris, Isabelle, Marie-Laetitia, Céline, Raphaela, Joséphine, Mohamed, Grégory, Raviraj. Ils ont tous à peu près le même âge, la même formation.
En mai 2006, ce groupe d’étudiants de l’école de journalisme de Strasbourg, spécialisé en radio, est entré sur le marché du travail alors même que la crise financière des médias et la mutation des métiers liés à l’information offrent peu de possibilités de devenir journaliste.
Comment cette promotion d’étudiants réagit-elle face à ces difficultés ? Enthousiasme, déception, rage parfois ; certains font tout pour s’accrocher, d’autres se réorientent ; quelques uns partent à l’étranger pour échapper à ce contexte difficile.
Plus largement, "Sur les docks" pose ici la question de l’insertion professionnelle des étudiants en 2007...
Productrice coordonnatrice : Irène Omélianenko
Producteur délégué : Christophe Deleu
Réalisation : François Teste
vendredi 16 mars 2007> Etats de la jeunesse étudiante (5/5) : Etudiante et plus si affinitésUn documentaire de Maylis Besserie et Yvon CroizierNeuilly, 2003 : Aurélie alterne des phases d’anorexie et de boulimie et abandonne l’hypokhâgne pour la faculté... Malgré un milieu parisien aisé, ses parents lui coupent aussitôt les vivres. Le besoin d’argent est pressant, alors Aurélie cherche une solution compatible avec sa maladie et ses études. Elle fait ses débuts dans la restauration mais, très vite, elle n’a plus la force nécessaire pour cet emploi et les dettes s’accumulent...
Sur un site consacré aux étudiants, elle propose « des ménages ». Les réponses ne se font pas attendre : quatre-vingt euros l’après-midi, d’accord mais en petite tenue...
Et l’histoire a commencé comme ça, dans un appartement en réalité parfaitement bien tenu, Aurélie a fait du repassage en sous-vêtements jusqu’à... jusqu’à arriver à ce clivage, qu’elle décrit si bien, entre son corps et elle ; cette sensation de force qui lui donne l’impression d’utiliser les hommes.
Elle passe des annonces, propose des massages, enchaîne les séances de photos de charme. Mais sa boulimie d’argent, qui la dépasse, la pousse à intensifier son activité. Elle exploite divers supports et connaît diverses formes de prostitution.
A 21 ans, Aurélie raconte de sa voix enfantine cette faille adolescente qui n’a fait que grandir jusqu’à l’envahir totalement. Elle décrit la maltraitance de son corps, l’oubli de soi et la disparition des sensations qui paraissent de plus en plus lointaines, comme étrangères à soi. En discutant avec elle, on devine aisément une histoire familiale difficile et une certaine fragilité, mais Aurélie témoigne aussi de la précarité de la condition étudiante qui a été le facteur déclencheur de son activité de prostituée.
Après un séjour à l’hôpital Sainte-Anne et la rencontre d’un jeune homme, Aurélie vient de cesser de se prostituer et étudie la psychologie. Elle propose de nous livrer cette expérience passée qui ne lui laisse, dit-elle, « que de mauvais souvenirs ».
A la rencontre de la prostitution au sein d’un cadre particulier, celui du monde étudiant emprunt à la fois de technologie, de modernité et de précarité.
Nous commencerons par nous méfier des chiffres publiés depuis octobre 2006 dans la presse (40 000 étudiantes françaises prostituées), qui ne semblent pouvoir refléter une activité par définition volatile comme nous le répétera l’anthropologue Catherine Deschamps.
Notre enquête se poursuivra par l’intervention du réalisateur de films érotiques John B.Root, que nous interrogerons sur l’utilisation du fantasme de l’étudiante, « marronnier des scénarii de films érotiques », par les réseaux de prostitution.
Nous recueillerons ensuite les propos des syndicats étudiants, particulièrement sensibles aux problèmes de précarité de ceux-ci.
Enfin nous suivrons le programme de prévention de la prostitution délivré dans le lycée Emile Zola de Wattrelos, par l’association du « Nid », juste avant que les adolescents ne deviennent des étudiants.
Producteur coordonnateur: Alexandre Héraud
Productrice déléguée : Maylis Besserie
Réalisation : Yvon Croizier