Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

le bilan de l'échange Poitiers-Stavanger

    Vous êtes nombreux à avoir vu les photos de notre échange avec les Jeunes Socialistes Norvégiens. Bien que les photos marquent principalement des moments de détente et des soirées, la majorité de notre temps a été consacré à débattre et à évoquer nos parcours et nos manières de faire de la politique. Je vais donc essayer brièvement d’écrire ce que cet échange  nous aura apporté sur le plan politique.

   Sur nos organisations respectives. L’AUF, l’équivalent du MJS norvégien est, à l’instar de son homologue français, le premier mouvement de jeunesse politique du pays. Il compte environ 8000 membres, toujours comme nous. Le souci c’est que nous comptons 8000 membres pour 60 millions d’habitants et eux 8000 membres pour 4 millions d’habitants… Le prorata est un peu différent. De la même manière le PS français compte 200000 adhérents et les socialistes Norvégiens près de 150000… Oui, l’engagement politique est plus naturel dans le nord de l’Europe que dans le sud.
    Le MJS français est indépendant du PS, pas l’AUF. Le MJS fonctionne de manière centralisée, avec des groupes au sein de fédération elle-même rattachée au mouvement national. L’AUF fonctionne presque uniquement par des petits groupes locaux, au sein des lycées comme des universités. Il faut attendre 16 ans et une autorisation parentale pour le mineur, pour adhérer en Norvège. En France, le MJS accueil les jeunes de 15 à 28 ans et aucune autorisation n’est demandée, le libre-arbitre et l’indépendance c’est aussi cela. Nos présidents ont tout les deux le même âge, 28 ans et aucun des deux ne dispose en ce moment d’un mandat électif.
    La transition est toute trouvée pour parler de la place des jeunes en politique. Depuis 1945, date de la libération de la Norvège, les socialistes et la gauche en général ont été au pouvoir pendant 44 ans ; autant dire que les mentalités ont eu le temps d’évoluer. Les jeunes sont omniprésents en politique. L’âge moyen de l’actuel gouvernement Rose-Rouge-Vert est de moins de 40 ans. Dans le groupe de notre échange, Torstein, 21 ans est adjoint à la jeunesse de Stavanger, une ville de 100000 habitants, l’équivalent de Bordeaux ou de Toulouse en France, Daniel, aussi 21 ans se présente au Conseil Général en Septembre et Sophie 18 ans sera sur les listes de sa commune… En France heu… c’est différent. La plus jeunes élue de Poitiers a aujourd’hui 29 ans, notre maire à plus de 60 ans et est en place depuis 30 ans, chose impossible pour un norvégien. En tout cas nous essayerons, nous jeunes socialistes de faire évoluer les pyramides des âges. Le premier ministre n’a pas plus de 40 ans, ainsi la photo officielle du gouvernement ressemble à une photo de groupe d’un corps de prof d’un lycée de banlieue, parité intégrale, jean, t-shirt et chemise. A la question sur les costards cravates nos amis nous ont répondu qu’ils n’en porte que lorsqu’ils vont à l’ONU ou autre, tout un symbole.
    Sur la place des femmes. 48% de leur assemblée est féminine, la moitié des ministres le sont et sur huit jeunes norvégiens reçus à Poitiers, cinq étaient des filles. En France, la place des femmes reste très limitée, le PS présente 47% de femmes aux législatives mais l’UMP pas plus de 26%… De plus, les filles s’engagent naturellement en politique là où en France elles hésitent un peu plus, machisme et a priori en force.
    Sur la classe politique en général, les élus sont tout le temps sur le terrain, même s’il est stupide de comparer démographiquement et géographiquement nos deux pays l’image est elle, saisissante. Les élus vont au cinéma comme tout le monde, n’ont pas de voitures de fonction… Ils sont tout simplement plus près de leur concitoyens.
    Sur les orientations politiques. La Norvège jouit d’un impressionnant capital énergétique, pétrole et gaz de la mer du nord et de l’océan Arctique, sans compter l’utilisation des éoliennes et des barrages hydroélectriques. Aucune centrale nucléaire n’est présente en Norvège. La Norvège est le pays de Bruntland, une des premières ministres de l’écologie à l’échelle mondiale, est elle la pionnière du développement durable, développé dans les années 1980 et aujourd’hui dépassé. La Norvège est toujours à la recherche du meilleur compromis entre développement économique et respect de la biodiversité. La sociale démocratie, c’est aussi cela. Plus de 80% de la population est syndiquée, les grèves existent mais elles ne sont pas aussi impressionnante en France, ainsi lorsque nous leur avons montré les photos des manifs anti-cpe l’année dernière ça leur à fait bizarre. Au niveau économique, la Norvège s’en sort très très bien, elle n’est pas membre de l’UE, mais jouit de nombreux accords avec l’Europe, le libre échange est donc partie prenant de son fonctionnement. Mais à l’inverse de la France, la redistribution de la richesse est effective, l’entreprise prend en charge les soins de ses employés jusqu’au 16ème jour de convalescence l’état prend ensuite la relève. L’éducation commence à prendre en charge les enfants dès deux ans, l’enseignement des langues étrangères commence en primaire et l’on force les étudiants à partir à l’étranger, l’ouverture culturelle est donc totale.
    Sur les campagnes politiques. Nous n’avons pas les mêmes méthodes, pas de collages mais un lobbying puissant dans les entreprises. On peut organiser des réunions politiques dans les lycées, les facultés et les  entreprises. L’adhésion n’est que de 1€ environ autant dire que l’on peut compter sur de nombreux adhérents mais pas de nombreux militants.

    Voilà en gros ce que je retiens de cet échange, j’augmenterai l’écrit au fur et à mesure du temps. Je répondrai aux questions posées et argumenterai. Je demande aussi aux autres personnes ayant participé à l’échange de contribuer à augmenter cette analyse.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
la droite s'appelle le "progress party", ils sont aussi sécuritaire mais reste très très interventionniste, 45 ans de travaillistes au pouvoir force la droite à être de gauche, en gros c'est l'inverse de la france. l'immigration est aussi un problème pour lad roite, ils veulent réserver  les énormes avantages acquis au niveau social pour les norvégiens... mais c'est en passe de disparaître car la gauche avance à grands pas. l'actuel gand combat de la droite semble être la préservation du lien clérical avec l'état. les socialistes veulent eux une vraie loi de 1905 à l'échelle de la norvège.s'ils ne veulent pas entrer dans l'UE c'est pour rester de gauche, enfin c'est ce qu'ils nous disent : ils veulent continuer à êtr libre de donner des subventions à la Palestine, à l'afrique sans se voir opposer le veto de l'UE, ils veulent pouvoir distibuer à l'envie les richesses de leur pays.l'extrème gauche est présente pour les étudiants mais rien après, il y a des socialistes plus radicaux que d'autres et des verts.la droite est aussi obligé de fricoter avec l'extrème droite pour s'assurer des mairies... comme dans le sud de chez nous
Répondre
L
Bon je pose mes questions en bloc vu que je passe pas souvent :à droite alors ils sont comment en norvège ? Le discours sécuritaire, l'immigration dangereuse, tout ca, ils ont aussi où c'est plutôt un truc "europe du sud" ?Et l'extrême-gauche ils connaissent ou pas ? Leurs arguments pour refuser d'entrer d'entrer dans l'UE c'est quoi ?
Répondre
A
Comme DeGaulle, je résiste à l'extérieur. Puis on est tellement bien en Norvège, le socialisme y est si...enfin voilà quoi.
Répondre
G
Fuire Sarko ? NON: RE-SIS-TANCE !!!
Répondre
A
...je profite de cet espace pour demander officiellement le poste de responsable du proochaine échange. Je propose de partir le plus vite possible en Noorvège, qui m'aime me suive, quittons Sarko, allons à Oslo.
Répondre