Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

les zévènements

Vous le savez, tant la plupart des cas, à force de chercher, tu trouves. Et bien me vouant à l’inhérente logique, j’ai la chance en ce début de master de trouver deux trois trucs. A part quelques rapides auditions matinales lors des diffusions de tracs de ces dernières campagnes, hormis un échange lors d’une soirée politique assez arrosée, je n’avais pas une idée très large du mouvement étudiant de l’année universitaire 1970 – 1971. Après avoir passé mes cinq derniers après-midi dans la salle de presse, mes idées commencent à se préciser. Mes après-midi ont été rythmés par le doux son des pages d’une Nouvelle République qui ne ressemble plus vraiment à ce que nous connaissons aujourd’hui. Une une entièrement dédiée à la politique internationale et nationale, à peine deux pages sur l’actualité poitevine, une autre sur le reste du département and that’s all falk. En revanche, les pages sports ont alors en leur sein de quoi faire rougir l’Equipe, merde 5, 6 pages sans compter les pages « Courses ». Par contre les éditos bien rarement de mon avis sont d’une réelle qualité, la pages internationales en queue de peloton sont aussi très bien fourni… On ne peut pas en dire autant de nos quotidiens actuels.

Revenons à nos moutons, vous êtes en 1971 et vous ouvrez la « NR » pour voir vos exploits de la veille : « nuit la plus rouge », « émeutes », « manifestations de violence »… Bref la presse rend compte des « évènements ». Rappelez vous du sketch de Coluche, « quand c’est les Français qui tirent sur les Français on appelle pas ça la guerre, on appelle ça les zévènements. Alors dans mon quartier il y avait deux genres des évènements. Y’avait les zévènements en bleu marine, avec des fusils lance grenades, des grosses grenades qui piquent les yeux, surtout lorsqu’ils visent la tête et puis de l’autre côté y’avait les évènements avec des cheveux longs, des baskets et qui couraient tout le temps. Le quartier lapin on l’appelait, la formule c’était rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir ». Problème je ne trouve pas que la Nouvelle République, journal pourtant modéré politiquement, genre de loin le modem soit restée complètement objective dans le compte-rendu des évènements. A la décharge des journalistes, je dois avouer que les étudiants auraient été plus malin s’ils avaient laisser les photographes faire leur boulot, s’ils avaient éviter de menacer les journalistes ni de se prendre à l’aide de fronde, de boulons et pavés au siège de la Nouvelle République alors encore rue Gambetta.

Tout avait pourtant bien commencé, les journaleux louaient la maturité des étudiants qui revendiquaient la sécurité lors de la traversé de leur campus. Mais bon, aucunes autres revendications n’étaient audibles (ça, ça nous rappelle quelque chose). Alors très vite, la politisation de ce mouvement citoyen dérange. Surtout qu’a l’époque la politisation était plutôt simple : soit tu es à l’UNEF et communiste, soit tu es plus branché et tu es mao, reste le must du must, le communiste révolutionnaire, inscrit à la ligue et plutôt libertaire. En face, la FEP (l’équivalent de l’AFEP) de gentils fils à papa qui se proposent ouvertement de protéger leurs professeurs contre les gauchistes. Reste encore l’extrême droite, violente et pro répression. Les gauchistes ont bien souffert pendant deux mois, CRS, journalistes, les poitevins qui n’étaient alors pas vraiment à gauche, un recteur dévoué et un préfet dévot…Bref ils n’avaient pas trop d’espace politique. Surtout qu’après avoir séquestré le recteur, le doyen et quelques profs la justice s’en est mêlée. Et c’est là qu’on rigole, le père d’un pote se retrouve en garde à vue et mieux, le distributeur de tract de l’UMP (j’en tairais le nom mais ni la veste bleue, ni la mèche, ni le verbe saccadé, ni le figaro sous el bras droit ni la sacoche à l’effigie de petit président), se retrouve lui aussi en garde à vue. Il faut alors imaginer les scènes d’émeutes aux alentours du palais de justice aux cris de libérez nos camarades alors même que l’un d’entre eux allait devenir un membre éminent ou plutôt délirant de l’UMP…Je ne suis pas encore arrivé au temps du procès, mais après la tempête estudiantine provoque déjà le contre blocage de la fac de droit en centre-ville par les étudiants dit « modérés », puis une grève de la faim à l’église St Paul (aux Sables).

En ayant un rapide rapprochement entre notre dernier combat en date nous comprenons une terrible différence. Bien que Guy Debord était à l’époque vénéré pour son analyse de la société de consommation, il semble que les étudiants poitevins n’est pas totalement saisi les préceptes de son ouvrage le plus célèbre : la Société du Spectacle. « être » en tant qu’état se substituait au paraître. Ainsi selon toute logique, même les contestations devaient désormais plus paraître que se contenter d’être. Le moyen le plus simple de paraître aux yeux de tous restant localement la presse, il était délicat de se mettre les media à dos.

Ce mouvement qui par l’entremise d’un seul journal pour l’instant s’annonce déjà passionnant. Le tout sur fond de post-gaulisme d’élections municipales et d’incompréhension d’une population qui n’a jamais été habitué aux heurts gauchisants…

Chronique un hebdo, une semaine. Je vous conseille l’achat, du moins la lecture du Politis de cette semaine, entièrement consacré au « bel héritage de 68 ».

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
et bien gilles, je te laisse mon mail : aimejules@gmail.com et je crois que tu devras supporter un entretien comme je le ferai avec les autres.
Répondre
G
Bonjour,J'ai découvert et apprécié par hasard ton blog et ton sujet d'études.Je faisais parti des 5 interpelés et inculpés vers le 17 février 1971.J'éytais étudiant en Philo à l'Hôtel Fumé, qui n'a pas tellemnt changé d'aprés les photos.Nous avons été jugés en juillet (quand tout le monde était en vacances), notre avocat était Me Henri Leclerc qui a été trés bon.Les condamnations ont été assez légères en définitive.J'ai quelques docs de l'époque, articles et tracts.je serais amusé de connaître qui est l'ancien camarade devenu militant UMP ou le papa de ton copain...Gilles
Répondre
G
La grêve de la faim en 71 était bien dans l'église Saint Paul en face de la Prison dans la rue qui monte de la ville vers le campus.
Répondre
C
y'avait-il  une église Saint-Paul aux Sables? parce que l'église actuelle des Sables c'est l'église Saint Cyprien et que l'eglise Saint-Paul se situe à proximité de la prison de la Pierre-Levée ...<br /> en tout cas très intéressant ton sujet de recherche, tu m'en apprend pas mal sur l'histoire de ma ville
Répondre