Dans leur quartier bouclé au centre de Washington, îlot entouré samedi de manifestants antiguerre, antimondialisation ou anti-FMI, les ministres des Finances de la planète Terre ont confirmé, ce week-end, le projet d'effacer 100 % de la dette de dix-huit des pays les plus pauvres vis-à-vis des institutions financières internationales. Ce résultat n'allait pas de soi car, depuis quelques semaines, la belle promesse lancée en juillet par les chefs d'Etat et de gouvernement lors du G8 de Gleneagles, en Ecosse, menaçait de s'effilocher.
Finalement, les Américains n'ont pas fait de vagues lors des réunions du G8, du FMI et de la Banque mondiale, ce week-end. Vendredi, le G8 a solennellement promis de débloquer des fonds pour compenser l'annulation de la dette. Samedi, le Comité monétaire et financier du FMI a pu approuver les modalités du projet. Ni les Néerlandais ni les Belges n'ont rué dans les brancards. «Politiquement, le plus dur est fait», a commenté Thierry Breton, le ministre français de l'Economie. Hier, c'était au tour du Comité du développement de la Banque mondiale de s'entendre sur la finalisation du projet.
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Choeur. Les organisations qui militent pour l'annulation de la dette n'ont pas caché leur satisfaction. C'est sous leur pression que les ministres des Finances du G8 avaient négocié cette initiative, en juin à Londres. Un mois plus tard, les chefs d'Etat et de gouvernement l'avaient soutenue. «Nous avons entendu l'ouverture en juin, la fanfare en juillet et maintenant nous espérons vraiment que nous avons écouté le choeur final», a déclaré Stephen Rand, responsable de Jubilee, une des organisations les plus engagées. Mais personne ne va signer demain un chèque de plus de 40 milliards de dollars : le «cadeau» des pays riches, soumis à diverses conditions et procédures complexes, s'étalera au mieux sur une dizaine d'années.