Ayé, comme on dit dans le Poitou, c'est fait. J'ai quitté Facebook.
Je vous vois déjà en train de me regarder comme un homme de cro-magnon mais cette décision fut murement réfléchie. Pour mieux la comprendre il faut revenir à la genèse de mon addiction.
Nous sommes en mai 2007, en pleine campagne des législatives le MJS de la Vienne reçoit une délégation de jeunes socialistes Norvégiens pour échanger sur nos modes de militantismes. Entre deux réunions publiques, des collages et des soirées, nous échangeons donc sur nos pratiques. Parmi nos moyens de communication, leur attirail semble plus développé sur le net, les blogs, les sites évidemment mais déjà facebook.
« Facequoi, ai-je demandé » « Un truc génial, une nouvelle forme de réseau social où tu retrouves et communiques avec des amis... » Ni une ni deux je deviens le cobaye de l'expérience et je me retrouve sur ce qui deviendra le phénomène du net un an plus tard.
Au début je trouvais ça pas mal, on y mettait toutes les photos que l'on ne s'autorisait pas à publier sur les blogs on racontait des conneries, et tout ça entre potes. Le problème c'est que compte tenu de la politisation de cet objet virtuel j'ai très rapidement accepté de nombreuses personnes que je connaissais mais que je n'aurais jamais qualifié « d'amis » en temps normal. Et ne me donnant jamais vraiment de limites j'acceptais plus ou moins tout le monde, untel croisé ici en Irlande, untel dans une formation quelconque, untel dans une soirée chez des gens que je ne connaissais pas vraiment... de fil en aiguille, les collègues, les enfants du collège, des lycéens et la famille...
Tout le monde se croisait donc dans mon monde.
Premier effet, je me censure sur pas mal de choses, photos, sentiments... Car aussi bizarre que cela puisse paraître (notamment de par mon blog) je n'ai jamais été un fan du déballage de la vie privée et surtout sentimentale sur la toile, le fait de tenir le blog me permettait surtout de canaliser, de filtrer ce qui se promenait sur le net. Sur facebook, l'avalanche de données rend la tâche bien plus délicate voire parfois impossible.
Deuxième effet, les publications. Pour la construction de mon blog j'étais plus régulièrement dans la recherche d'un contenu, article, video, photo... J'avais surtout un démarche de production, une recherche de l'esthétisme pour la plupart de mes clichés, une volonté d'argumentation pour les textes déposés et surtout une réponse apportée à la critique. Sur facebook j'ai touché le néant de la publication, des trucs inutiles des photos volées... bref peu de débats, peu d'enjeux, pas de tout ce que je recherchais à la base.
Troisième effet, le plus néfaste en ce qui me concernait, la faculté chronophage de facebook. J'ai toujours passé beaucoup de temps sur le net. N'ayant pas de télévision, la toile constitue pour moi une source d'information très importante. Mais mais consommation d'information a, au cours de ces trois dernières années, fortement diminuée au fur et à mesure que celle de facebook augmentait. La page d'accueil de mes navigateurs est ainsi passée de mon blog à facebook et ainsi j'ai de moins en moins écrit sur mon blog au point de l'abandonner pendant plusieurs mois. Les raisons sont simples, j'avais l'impression de passer le moindre mes temps libres sur facebook, et l'iphone jouait évidemment contre moi et me permettant d'accéder au virtuel dans les transports en commun, en réunion, dans les toilettes... le plus souvent pour se rendre compte que rien ne se passait...
Le manque de photos, la faiblesse des contenus et finalement l'inutilité du support m'ont finalement décidé à le repousser. Mais la chose n'était pas simple, soit je choisissais de réduire au minimum le nombre des « friends », soit j'arrêtais. N'étant pas un fan des patchs ou des menthols je préférais la manière forte, suppression de l'historique facebook, changement des adresses mails sur facebook (presque mission impossible), suppression de l'application facebook sur iphone...
Mais rien n'est simple pour quitter facebook, le site vous fait culpabiliser en vous rappelant que vous manquerez à untel et untel, on vous demande les raisons de votre départ...
mais bon mon facebook est mort vive mon blog.