Monter les citoyens les uns contre les autres, un art retrouvé par le gouvernement.
Il y a tout d’abord les citoyens internationaux qui, contraints pour certains de quitter leur territoire de naissance souhaiteraient établir asile dans un pays qui se proclame encore des Droits de l’Homme. Les tests ADN, honte suprême du pays d’accueil des républicains espagnols ou des Kosovars, étendard de celui qui a collaboré pendant la seconde guerre mondiale, génial créateur des interrogatoires gégènes et de la fortune de Bordeaux… L’instauration d’un test de français induit déjà la discrimination par l’argent, qui en de France peut se payer des cours de langue étrangère si ce n’est les populations les plus aisées candidates à l’exil. La défiance à l’égard du rapprochement familial touchant moins d’un pour-cent des immigrés forçant l’utilisation d’une science en partie lié aux crimes fait frémir. Même Ballamou et Pasqua sortent de leurs hémicycles pour clamer à la stupidité de la chose. 1ère raison de descendre dans la rue.
Viennent ensuite les travailleurs du privé et du public. Toujours opposés, jamais associés. Les uns rêvent du salaire des autres qui leur renvoient leur sois disante sécurité de l’emploi. La réforme des régimes spéciaux commencée dès 1936 par ailleurs est un combat stupide qui empêche pendant ce temps-là les classes laborieuses de se tourner vers de vrais problèmes : la baisse du pouvoir d’achat sans commune mesure ces derniers temps. Plutôt que d’augmenter les cotisations patronales qui ne sont pas une entrave à l’embauche à en croire les chiffres de la reprise de l’emploi dévoilés au compte-goutte par l’état. 2ème raison de descendre dans la rue.
Nous arrivons désormais sur le cas épineux des franchises médicales. Prenons la définition du mot solidarité : relation entre personnes ayant conscience d’une communauté d’intérêts, qui entraîne pour les unes, l’obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance (Petit Robert 1967). Et bien s’en est fini : « tu as le cancer ? moi pas, je ne pairai pas tes frais, tant pis si tu ne peux payer ta trithérapie. » Le malade devra désormais contribuer aux payement de ses soins et cela quasiment sans distinctions sociales. A première vue, 0,50 cts par ci, 2 euros par là ce n’est pas très grâve. Cela représenterait pourtant une dépense moyenne de 200 euros par foyer et par an. Cette moyenne est par ailleurs stupide car un jeune homme entrant dans la vie active et disposant d’un salaire correct a, a priori, moins de chance de tomber dans une grave convalescence qu’un ouvrier métallurgiste retraité avec une pension presque inexistante. Enfin, nous savons désormais que cette mesure rapporterait 750 millions d’euros, nous sommes bien loin des 6 milliards de trou, toujours très très loin des 15 milliards de cadeaux fiscaux de l’été aux plus riches. Pire, on nous bassine toujours avec le déficit de la branche maladie de la sécurité sociale, avez vous déjà entendu parler du déficit de l’armée de terre pourtant à la déroute ? non, dans ce cas là, l’état Cash. 3ème raison de descendre dans la rue.
Le personnel Iatoss des universités face aux enseignants-chercheurs. La nouvelle loi sur l’autonomie remet la place des petites mains des universités dans les conseils centraux sur un strapontin. Le tout se fait sur font de haine inavouée entre les élites universitaires, les étudiants et les employés des facs. De plus la loi instaurera de fait un état de concurrence entre les universités françaises, autant vous dire que Poitiers à toutes les raisons de se faire du soucis. 4ème raison de descendre dans la rue.
Pouvoir d’achat en baisse soudaine, méfiance vis à vis des volontaires à l’immigration, haine de la fonction publique, destruction des acquis sociaux, surenchère médiatique de la richesse, négation des fondements des dérèglements climatiques… Nous vivons dans une société qui, si elle comportait de vrais révolutionnaires en son sein ne manquerait pas de briquets pour allumer les mèches.
Et puis il y a l’absurde dépénalisation du droit des affaires, vive les détournements de fonds sans prison. L’une des mesures les plus applaudies lors de la visite de petit président à l’université d’été du Medef.