
Je ne sais pas vous, mais j’ai pris le temps de lire la courte lettre de Guy Mocquet il y a de cela quelques mois maintenant. Force est de constater qu’elle n’a évidemment pas la portée que souhaiterait lui attribuer petit président. Le jeune communiste Guy Mocquet, qui luttait contre le nazisme et pas seulement contre l’occupant, qui aurait lutté contre l’impérialisme américain en 1953 à coup de manche de pioche dans les manifs n’a pas écrit cette lettre pour qu’elle soit lu par tous en pleurant. Cette lettre est pathétique au sens propose tu terme, elle inspire la pitié envers un adolescent qui sait qu’il part trop tôt. Mourir pour des idées c’est une chose, le savoir s’en est une autre. Le faire savoir aussi. Dans cette lettre, il n’en est pas question, pas de retour sur l’ennemi, rien sur la patrie, le drapeau ou la marseillaise. Non, ce jeune homme s’en remet à la mémoire de sa mère, son père et sa fratrie. Il leur demande d’être fort là où lui, et c’est logique, à peur de ne pas l’être.
Cette lecture, hors contexte, est nulle, dégueulasse et surtout impudique. Le caractère strictement épistolaire, à portée uniquement familiale rend la portée politique de l’écrit à l’état de vide sidéral. Oui cette lettre, est belle, oui elle provoque des frissons, oui elle est émouvante. Elle n’a pas à être lu pour tous.
En revanche, petit président serait bien aimable de vouloir faire lire, le dernier poême de Guy Môquet ,évidemment, ce n'est pas du même tonneau... Jugez-en plutôt :
"Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades
Vous êtes tous trois enfermés
Mais Patience prenez vourage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d'esclavage
Les Traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d'ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de prison
Pour tuer le capitalisme
Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice"