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Nous cherchons, vous cherchez, ils cherchent…

Et oui, même si je n’écris pas beaucoup sur le sujet je continue, tout comme mes camarades, mon travail de recherche. Pour les néophytes qui découvriraient ce blog, je travaille sur les « évènements étudiants de l’année scolaire 1970-71 ». Ma problématique me forçant à découvrir le monde étudiant « post-soixante-huitard » je me suis plongé pendant plusieurs semaines dans de la lecture de bouquins.

Mai 68  et ses vies ultérieures, de Kristin Ross, ça c’est pour l’idéologie et le sens de la visite. Charonne 8 février 1962, anthropologie historique d’un crime d’état,  d’Alain Dewerpe là c’est pour la méthode. Le pouvoir est dans la rue, de Danièle Tartakowsky et La manifestation, Pierre Favre, ici c’était pour l’étude du terrain. Les Héritiers, les étudiants et leur culture, de Bourdieu et Passeron, petit livre pour mieux comprendre les acteurs de mon film. La vie étudiante, de Claude Grignon et Louis Gruel, il s’agissait pour moi de saisir le cadre structurel de mon sujet d’étude. Enfin, Histoire des étudiants de France de 1945 à nos jours, ouvrage généraliste qui permet de contextualiser mon étude. Je vous ai épargné les fiches de lecture que je n’ai d’ailleurs pas faites sur ces superbes ouvrages c’est donc pour cela que je ne reviens que maintenant sur mon sujet.

Petit rappel des faits, en mai 68, peu de choses se sont passées à Poitiers au niveau de l’agitation étudiante. C’est avec la création du campus actuel (rte de Chauvigny) que cette agitation reviendra sur la scène Pictave. Et quelle agitation ! Poitiers, petite ville, plutôt tranquille, surtout conservatrice, vivra en l’espace de trois mois (décembre 70, février et mars 71) des mouvements de rues que la commune lui avait épargnés et qui la fit remonter jusque dans ses révolutionnaires souvenirs. Manifestations, occupations, émeutes, barricades, courses-poursuites, heurts violents et blessés…Tel furent les mots que les Pictons lisaient tous les matins dans les colonnes de leurs quotidiens, Centre-Presse et la Nouvelle République. Passant une partie de mon été à la médiathèque (lorsque je ne travaillais pas), j’ai lu la NR. de 1970 à fin 1971.  Dans ces lignes j’y ai appris la trame de ce que j’appelle par facilité le mouvement étudiant. Mais il me manquait un croisement de sources.


Il y a un mois maintenant, je me suis replongé dans le Monde. Le journal national disposait à l’époque d’une rubrique « agitation » j’avoue que je ne pensait pas y trouver beaucoup de chose, Nanterre où Rennes auraient été légitimement préféré à Poitiers. Cette erreur de modestie sur mon sujet fut payante. Poitiers justement, troublait les journalistes du Monde, qui n’étant pas habitué à voir cette ville dans leur colonne si sont attachés et on finit (comme il y a deux ans), par en faire un article fleuve, analysant à merveille les enjeux du moment. Je vous transcrirai par la suite cet article. L’auteur y comprenait la mutation rapide d’une ville, qui se transcrivait par l’agitation universitaire et par l’installation de nouvelles populations dans les quartiers périphériques. Ces nouvelles populations amèneront par ailleurs la gauche au pouvoir six ans après. Mais le Monde rate en quelque sorte le coche. Le journal ne traite en effet que de la deuxième phase du mouvement. À l’inverse de nombres de mouvements sociaux  qui moment en flèche, atteignent rapidement une apogée pour disparaître peu après, les évènements de Poitiers prennent place en deux phases complètement distinctes.


La première phase couvre le premier semestre. Comme j’ai pu l’écrire dans mes précédents articles, entre octobre 1970 (date d’installation des étudiants de Lettres et de droit sur le campus) et décembre 1970, 17 accidents dont l’un causera la mort d’un jeune ouvrier de 19 ans eurent lieu sur la route nationale coupant le campus en deux. Ces accidents servirent de point de départ d’une formidable contestation. Transcendant les intérêts politiques et les classes sociales, étudiants, professeurs, personnels, élus, poitevins en général se révoltèrent en faveur d’une meilleure sécurité sur le campus. Après plusieurs manifestations, une grève des professeurs et deux émeutes, la préfecture décida d’accélérer les travaux d’aménagement de la voirie. Un passage piétons fut peint, l’éclairage public atteint le campus et la pause d’une passerelle du génie en attendant le percement d’un souterrain fut décidée. Le mouvement de contestation fut salué de tous et toutes, tout juste les violences nocturnes et les graffitis gauchistes étaient condamnées par la presse. Le peuple poitevin se félicitait d’avoir des étudiants si soucieux  de leur sécurité… La réponse institutionnelle rapide, les vacances de Noël et les –15° d’un hiver des plus rigoureux eurent raison de toute tentative de relance politique d’un mouvement conjoncturel et matériel.


Le mois de janvier se passa sans encombre dans un froid glacial (entre –8° et –10° en moyenne). Un attentat lors de la nuit de l'Ensma fit du mois de février un nouveau début. Les troisièmes années de lettres modernes, attendaient depuis le début de la nouvelle année la tenue des cours d’anglais qui ne vinrent. Selon un mode opérationnel bien connu, les structures étudiantes organisèrent une Assemblée Générale et y convoquèrent le doyen. Comme se dernier ne venait pas, un groupe d’étudiant parti le cherché et le conduisit dans l’amphi bondé pour y débattre. Malheureusement pour ce dernier le débat s’orienta très rapidement sur les sujets politiques du moment (grève de la faim de Geismar, échec du Vème Plan…) ne souhaitant pas répondre à ce qu’il jugeait comme une provocation il fut séquestré. Le recteur Moisy et le doyen de droit alertés de cette nouvelle entrèrent dans l’amphi pour être à leur tour séquestré pendant plusieurs heures. Ce n’est que vers 20h (soit après 6h de séquestration), que les institutionnel furent libérés par des enseignants et des étudiants. Très choqués pas les incidents, les doyens portèrent plainte dès le lendemain. Quelques jours de manifestations après, des interpellations eurent lieu. Sitôt la nouvelle sue, plus de 500 étudiants rejoignirent le Palais de Justice et firent des rues de la Régratterie et des Vieilles Boucherie un champ de bataille contre les CRS et les Gendarmes Mobile du Luçon. Fini, les gentils étudiants, les poitevins et la presse dénoncèrent rapidement les agissements de « ces hordes de sauvage », ces gauchistes… L’opinion venait de se retourner contre eux. Les émeutes et les manifestations ne sont que des évènements marqué dans le temps comme court. Pour faire durer le mouvement qui devenait uniquement politique, les étudiants devenus des professionnels de la contestation, structurés en organisations, commissions, assemblées générales… Décidèrent de l’occupation de leur lieu d’existence sociale : la faculté. Cette occupation fut violente, de nombreux heurts entre étudiants de droite et de gauche prenaient place sur le forum, le calme revint lentement après deux semaines de blocages, de nouvelles interpellations…

deux temps, deux mouvements... Mes pistes s'éclaircissent

Le suite au prochain épisode…
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F
sinon, au dela des luttes pour les passages piétons, ya un mouvement étudiant en ce moment, enfin un mouvement interpro contre la casse générale du service public... un truc de gauchos quoi.... mais faut croire que nos soc dem pictaves ne s'en préoccupent pas. Pas encore concerné? un peu comme par le marché du travail il y a deux ans non? Coordination nationale ce week end à rennes (n'ayez pas peur Rennes 2 la révolutionnaire c vachement un mythe, ça a été lent à démarrer), ya de la place à la maison meme pour les sociaux traitres.vous me manquez un peu quand meme
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