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Je trouve... qu'il faut dépasser le mois de Mai.

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jeu de lumière à la médiathèque 

La reprise des cours aidant, je me suis totalement replongé dans la mobilisation…des années 1970. Pendant le mouvement dernier, quoique moins impliqué que certains l’auraient souhaité, je n’ai pas réellement trouvé le temps de travaillé mes sources (un après-midi à la B.U, les samedi à la médiathèque), mais j’ai eu le temps de m’avancer grandement dans mes lectures. Histoire et sociologie des étudiants étaient donc à mon programme pour les semaines écoulées.
   Une fois le contexte connu, je me suis retourné régulièrement la cabeza pour trouver « La » problématique. Celle qui rompt avec le traditionnel plan chronologique, celle qui intrigue, surprend et surtout n’a pas été réellement traitée par l’historiographie habituelle. Je ne suis pas encore sûr du dernier point, mais je m’attacherai dans mes réponses à me couper de mes acquis historiques, des idées préconçues que j’ai encore sur les étudiants, mai 68 et les modes de mobilisation de la  jeunesse. C’est en lettres le matin précédent les AG fatales au blocus que j’ai eu la révélation.
    Non, je n’ai vu ni la Vierge, ni Jésus encore moins Cohn-Bendit apparaître dans un nuage de vapeur rose fluo. Je me suis simplement rendu compte que je pourrai allier l’actualité politique, la volonté de la droite d’en finir avec 1968, l’étude monographique du mouvement poitevin et la nouvelle histoire de 68 autour d’une question. Les évènements étudiants se déroulant entre décembre 1970 et avril 1971 sur le campus correspondent-ils à un héritage font-ils partie de Mai 68.En sont-ils un héritage. Sous quelles formes ? Politiques ? Matérielles ? Vestimentaires ? Comportementales ? Géographique ?
    Tout n’est pas encore clair, cela serait trop beau. Mais j’ai au moins le point fixe (les aléas feront le reste). L’héritage est en histoire une question délicate, étudiée mais contrastée. Celui de Mai 68 est polémique, Sarkozy, dans son discours du 29 avril dernier, appelait à le liquider ("Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes") sans se poser la question d’en être lui même une des conséquences. La droite souhaite donc voir disparaître la seule chose qu’elle ne peut psychologiquement pas récupérer. « l’histoire officielle affirme que la société capitaliste d’aujourd’hui, bien loin de symboliser le déraillement ou l’échec des aspirations du mouvement de Mai, représente au contraire, l’accomplissement de ses aspirations les plus profonde. » Kristin Ross. Ainsi la droite retomberait sur ses pattes en accusant Mai d’être responsable de ses propres erreurs.  La gauche, qui a entre temps perdu Jaurès et Blum, tâche par l’intermédiaire des anciens leaders étudiants (July, Dany, Kouchner, Geismar…), de revenir sur une révolte, longue profonde et violente en ne la posant que comme un mouvement bon-enfant uniquement culturel. Bref tout sauf une révolution. Elle contredit ainsi sa propre histoire, une histoire politique et sociale.
    Mai 68 est résumé dans l’historiographie classique comme des « évènements » s’étant déroulés entre le 3 mai 1968 lors de l’intervention policière à la Sorbonne (et les heurts du mois qui en suivirent) jusqu'à l’intervention de de Gaulle du 30 mai faisant suite à la signature des accords de Grenelle qui n’avaient pas suffit à suspendre la grève.
    Je pense pour ma part que Mai s’inscrit clairement dans un temps long qui va des grèves ouvrières de 1967, des premières manifestations unitaires en janvier 1968 (Caen et la Rochelle entre autres) à la mort de Pierre Overney (militant maoïste tué par un vigile de Renault) le 25 février 1972 ou aux réformes de Giscard sur la majorité et l’IVG. Pourquoi cette période ? Parce qu’elle fut le théâtre de manifestations incessantes, souvent unitaires, ayant une expression multiple tout en recoupant des revendications identiques.
    Remise en cause de l’État, État financier, État militaire, État policier. Volonté de détruire le capitalisme. Réponse internationaliste aux mouvements de libération nationales(Viet-Nam, Cuba, Algérie…). Mise à plat des institutions de la Vème république (Gaullisme, PCF et CGT). Questionnement des genres, de la place des femmes, de la sexualité, hédonisme patent. Remise en cause du politique par l’homme politique. Changement dans les facultés, intrusion de la représentation étudiante. Haine de Vichy, du fascisme.
    Tout est prié de changer, politique, travail, urbanisme, musique, cinéma, sexe, rapport au couple, hiérarchie familiale, armée, consommation, liberté d’expression, écologie, liberté de la presse. Tout y passe. Le mort d’ordre est l’autodétermination politique gauchiste de la jeunesse. En réponse à un monde sérieux, mal de son histoire, la jeunesse provoque sa propre décadence pour mieux nier un monde auquel elle n’aspire pas.
    Mai 68, ce n’est pas un mois, c’est cinq ans minimum. Cinq ans d’agitation, de mouvement, de formation. Cinq ans, cela vous forme une réelle génération. Je pense que le mouvement poitevin s’inscrit dans ce cadre. Le mois de Mai a servi de moteur, Poitiers 71 se trouve dans son sillage. Le rapport au politique est différent, les vêtements ont changé, l’urbanisme universitaire, l’architecture structurelle des Facultés n’est pas la même. Poitiers 71, sans Mai 68, n’aurait pas été.
   
Sur Mai, sur Poitiers, tout reste à faire.
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M
pourquoi se tourner vers le passé??alors qu'il faut préparer de nouvelles choses pour notre avenir, l'avenir de la france!
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M
je crois pas que les elephants soient près a lacher quelque chose sur ce point là!
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M
"Le mort d’ordre est l’autodétermination"Juste une coquille en forme de lapsus révélateur lacanien... C'est agréable de vivre ces propres convictions dans tes propos. Je maintiens tu  fais du bon boulot. Essayer de vulgariser ce que tu fais dans le cadre de ton master vers un lectorat détaché de tes préoccupations académiques c'est pertinant et espérons que ça puisse te permettre d'ouvrir de nouvelles perspectives. Je n'ai aucun point de vue sur Mai 68, sinon que ton dernier commentaire sur la difficulté idéologique contemporaine du Parti Socialiste montre, si tant est que l'appelation "gauche" veuille dire quelque chose, qu'il vit encore une certaine pluralité de fond  dans les partis de gauche, là où la droite se renferme dans une idéologie monocorde et uniformiste - bien que je ne fréquente pas assez l'idéologie de droite pour en être convaincu. Conscient que cette polyphonie de gauche est une force en soit, mais surtout une faiblesse dans la représentation politique. Et si la gauche renoncé à l'idée de Pouvoir pendant un temps?
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A
Manou, tu soulèves une question existentielle pour la gauche et notamment pour le P.S. : "Qu'est-ce qu'être socialiste en 2007 ?"Si la gauche enchaîne les défaites, c'est que les Français ignorent ce qu'elle défend et qui la représente.A droite, les choses sont claires, il y a un chef et un programme en cours d'exécution.Au P.S.,  il y a plusieurs prétendants qui manquent tous de charisme (seul DSK avait l'étoffe d'un chef), pas de programme et pas de contre-propositions... ou si il y en a alors il faudrait peut-être que tous les socialistes se mettent d'accord pour élaborer un programme commun clair pour le proposer aux Français.
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M
jules je m'interroge vraiment sur le fait que tu soit au PS...des propos comme tu les tient sont désormais bannis chez les socialistes (enfin ceux qui passent  a la télé, les hollande; Valls et tout...). Tu réalise que ton premier secretaire a limite traité sud de terroristes ("syndicalisme a combattre" plus precisement)?je sais qu'il y'a des gans dévoués au PS, des gens vraiment à gauche...mais enfin y'a pas de coherence entre ces gens la et les dirigeants...je comprends pas , vraiment!
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