quatre jours de blogs, les "contres" souvent les mêmes : arrêtez de vous prendre la tête sur l'orthographe et la grammaire, sur les blogs, on parle, on n'écrit pas, c'est bien connu. celui qui fait un effort de français, il a raison, c'est une bonne habitude qu'il ne faut pas perdre et qu'il faut partager, celui qui en laisse passer, ce n'est pas grave, celui qui fait exprès d'en faire, si ça l'amuse... Mais votre mouvement ce n'est pas amusant, c'est sérieux. Je suis journaliste, je ne suis pas de Poitiers, je suis une vieile routière de 50 balais et j'ai fait mai 68, ou plutôt la réaction après mai 68. J'étais étudiante, j'ai failli me faire casser la figure parce que je venais dans une fac bloquée, j'ai participé très tôt aux réunions anti-occupation et au mouvement de réaction, parce que tout simplement je voulais bosser, que le mouvement étudiant était incohérent. .. et puis, et puis, je me suis retrouvée entourée de fachos, d'anars de droite (ceux de gauche pareils), des mecs du SAC (ceux qui ont appris leur cours d'histoire qu'on ne veut plus vous enseigner, savent que c'était le service d'ordre de Marcellin), j'ai vu des étudiants blessés lors du meeting à Paris... Ce n'est pas cela que je voulais... j'y ai rencontré celui qui fut le premier homme de ma vie, ça, c'était très bien... mais j'ai vite abandonné la cause. N'empêche que l'effet boomerang a été très efficace, on connaît la suite, la réaction a fait revenir au pouvoir une autre droite, celle des finances.<br />
Aujourd'hui ce n'est plus pareil, le mouvement étudiant est la seule, je dis bien la seule courroie de transmission de cette France d'en bas dont nous parlait le poitevin de Chasseneuil. Votre problème, c'est de ne pas être manipulés par les activistes anarchistes de tous bords, par ceux qui ne sont pas étudiants, de ne pas tomber dans le DIVISER pour RÉGNER. Avoir réussi à faire voter autant d'étudiants, chapeau. C'est vrai que c'était risqué. Le vote à main levée, à bannir, mais je crois savoir qu'il y a eu un premier vote à main levée en AG, un deuxième vote à bulletins secrets le lendemain, avec deux urnes, des journalistes étaient présents au dépouillement, c'est ce vote là qui a majoritairement décidé le maintien du blocus.<br />
Reste le blocus, est-ce vraiment la solution ? Vous voulez attirer l'attention sur votre mouvement, cherchez le poitevin de Chasseneuil, faites du sitting près de chez lui, vous aurez les projecteurs sur vous.<br />
Le blocus, c'est le sale truc qui peut pourrir très vite, surtout si vous voulez du monde encore mobilisé, pas crevé, pour la manif de mardi.<br />
Côté médecins, maintenant : cette fac n'a pas été "consultée", visiblement la hiérarchie a su créer le trouble nécessaire pour que l'info ne passe pas, pour se servir ensuite de l'absence de cette fac, pour pointer le manque... à gagner des voix. Là encore, ce n'est pas grave, les médecins ne sont absolument pas dans la même logique que vous. Sauf ceux qui ne bossent pas et ne passeront pas le cap des deux ans, la plupart n'est pas concernée par le CPE (contrat premier emploi pour les moins de 25 ans) ni par le CNE (Contrat Nouvelle embauche pour les chômeurs), ils sont assurés de trouver de l'emploi, ils ne signeront jamais ce type de contrat. Ils ne peuvent pas comprendre le contenu de votre démarche, sauf, s'ils sont de gauche, je veux dire, la vraie gauche, sociale, solidaire, pas les bobos soixanthuitards, genre profs, comme on en a vu dans les lycées, il y a deux ans, lorsque les jeunes manifestaient ou occupaient les lycées, et qu'ils les regardaient faire, de loin, sûrs de ne pas perdre un centime de leur paie.<br />
Vous êtes la seule courroie de transmission, tandis que les ouvriers ont peur de faire grève dans ces usines rachetées par des anglais, qui dégraissent tous les jours sans état d'âme, vous êtes les seuls à pouvoir parler de chômage. L'occupation du MEDEF à Paris, c'était risqué, mais c'était clair comme démarche.<br />
J'arrête ma prose : il n'y a pas que le CPE ou le CNE, on est en train de vous remettre un service volontaire (mon oeil) civil, on va préparer une réforme de l'enseignement (loi Fillon, le retour) qui, comme le régime islamiste religieux, va vous priver de toutes les matières qui nourrissent votre libre arbitre et créent du lien social : histoire, géographie, musique, arts plastiques. Bientôt vous verrez, on mettra les filles d'un côté et les garçons d'un autre...<br />
Alors continuez à vous parler, ne vous laissez pas bouffer par les politiques de tous bords, mais imaginez autre chose que le blocus, sinon, cela va finir comme les grèves des transports et de la poste, vous touchez les petits, pas les gros, et vous vous plantez.