Bonjour et merci pour ton blog, particulièrement le récit du mouvement
picton.
J´ai fait un interview avec toi dans un bar au-dessous de l´hotel de ville il y quelque mois, fin mai je crois. Entre autre on a parlé du mouvement étudiants de poitiers qui c´est crée après les manifestations anti-reduction de capes, anti-cpe. Si j´ai bien compris, tu a abandonné l´association parcequ´elle est devenu droitière et qu´elle ne s´engagerait que pour les étudiants universitaires. Quelle est le but de l´association MEP (si c´est bien son nom)? Il y en a pas deja des associations étudiant? J´ai suvivi les messages sur le forum thebobbybionic.free.fr/mouvementetudiant/. Il me semble que le debat est centré sur blocus-anti-blocus. Il y a seulement 2 message qui propose solidarité avec les sans-papiers et personne y repond. Qu´est qui se passe avec l´asscoiation MEP? Et avec ton initiative d´une association qui rassemblerait la gauce? et la solidarité avec les sans-papiers?
Merci d´avance d´un eclaircissement. Cordialement,
Erik Svenning
Excusez moi du retard de la réponse mais je pensais vous avoir répondu.
Je vais donc développer les différents points sur lesquels vous souhaitez correspondre.
-Le « MEP » ou mouvement étudiant poitevin. À la fin de long mouvement de grève dans les facs poitevines nous avions décidé (la coordination) de nous constituer en association pour continuer la lutte. Mais la tâche était très délicate car trois directions se présentaient aux étudiants souhaitant s’engager.
1- Le C.A.U http://lecau.over-blog.com/ pour Collectif Alternatif Universitaire. Une sorte de syndicat étudiant crée début 2006 pour les élections étudiantes. Il a été créé par Julien Vialard unes des grandes figures du mouvement malgré qu’il fut très controversé tout le long de son parcours. Ce syndicat est paradoxalement anti-syndicaliste, il cherche par tous les moyens à contrer l’unef, sud… quitte à s’allier avec des organisations plutôt à droite… la FAGE au niveau national. Mais cette structure est très marginale pas plus d’une dizaine de personnes en tout et aux dernières nouvelles, la plupart d’entres elles arrêteraient la fac. Sa politique est de ne pas en avoir, ils se contentent des problèmes des étudiants, ainsi lors d’un conseil d’administration, ils ont déposé une motion pour pointer les effets néfastes de la loi sur l’immigration de Sarkozy au sujet des étudiants. Alors que pendant ce temps je faisait campagne contre l’ensemble du texte. De plus ils reste dans ce souhait d’apartialité : ni de gauche ni droite… Mais seuls deux ou trois membres de la coordination les ont rejoints.
2- 0.2 (œil ouvert) c’est elle qui à rassemblé le plus de membre de la coordination. Le nom Œil Ouvert est un symbole arabe symbolisant l’ouverture d’esprit et la vigilance (politique en l’occurrence). Je n’en ai pas fait partie car elle ne correspondait pas à mes attentes. Elle privilégiait la culture plus que le politique, malgré le fait que des dizaines d’associations culturelles étudiantes existent sur Poitiers…beaucoup de personnes l’ont rejointes mais aucuns des « leaders ». Aux dernières nouvelles, deux amis (le président et le trésorier) de l’association veulent arrêter l’affaire pour manque d’enthousiasme. Il faut dire que généralement nous créions une association pour répondre à un projet ou à des attentes. Ici, c’est l’inverse qui c’est fait, il s’agit d’une association de type « anciens combattants ». le type d’association qui se créaient après la guerre. Pour nous ce fut après le mouvement, la nécessité de se retrouver constituait le seul but de l’association, une fois constituée il allait falloir lui trouver un projet…Le point commun avec le CAU : l’apolitisme, ni de gauche, ni de droite…Il n’est pas question d’association droitière (la plupart des gens étant plus à gauche que moi en son sein .)
3- Étudiants à Gauche. Structure que nous sommes plusieurs à vouloir monter de manière efficace, clairement identifiée à gauche, de cette gauche plurielle au sens large : sociaux démocrates, socialistes, communistes, verts, extrême gauche… Le but, défendre les étudiants et combattre la droite au sens politique : contrer et informer sur les lois, défendre la laïcité, l’intégration et la présence d’étudiants étrangers dans nos facs… L’association est créée reste à l’animer dès la rentrée. Sébastien Aufort, Stéphane séjourné et moi-même en sommes provisoirement les responsables .
Ainsi, aucunes de ces associations ne peut prétendre être la descendante directe du mouvement étudiant poitevin. Ce qui est prévisible c’est donc produit, les étudiants sont ponctuellement capables de s’associer, sur un sujet précis comme le CPE par exemple. Mais dès qu’il s’agit de perdurer dans la continuité, cela devient plus difficile, les divisions resurgissent et j’en prends ma part de responsabilité…
Il faut dire que sur Poitiers la place est encore libre pour une grande association politique des étudiants. L’UNEF à provisoirement disparu, manque de militants, de lisibilité… L’UNI à droite est tout nouvellement créé, L’AFEP (Association fédératrice des étudiants poitevin, adhérente à la FAGE) est encore jeune et patine parfois et le CAU ne part pas très bien. Tout reste donc à faire.
Le problème des sans papiers fut un révélateur politique de l’absence d’une structure politique forte sur Poitiers. Leur combat avait cependant de drôles d’allures. Ils ont commencé leur grève à peine le mouvement étudiant terminé. Les cours reprenant, nombres d’étudiants ne se sont ainsi pas préoccupés du sort de leurs futurs et désirés concitoyens. La médiatisation n’a pas eu l’effet escompté (à l’inverse du Squat de Cachan) car cela coïncidait avec un événement que les Media jugeaient plus important : le mondial de Foot en Allemagne. Enfin la prise en charge très rapide, justifiée et efficace du Réseau Éducation Sans Frontières à écarté certains acteurs politiques qui auraient pu aider les squatteurs. RESF sur poitiers ayant été fondé par l’extrême gauche locale, Claude Quémar de la LCR en tête. Ségolène Royal, malgré l’absence de soutient que je lui confère à préféré maladroitement ne pas les rencontrer, ce qui aurait pu sans doute faire évoluer positivement les choses. Du côté étudiant, quelques initiative ont été lancée sans succès. Des prises de parole, des tracts, des affiches mais la période de reprises de cours et de révisions pour les examens de fin d’année n’était plus propice à une aide étudiante. Les manifestations étaient donc fades, les mêmes visages, les mêmes partis… Pas ou peu d’évolution quant au sort de ces pauvres gens le tout dans une indifférence quasi-générale. Côté étudiant : le C.A.U, tranchant avec ses statuts à fait une petite campagne d’affichage dans la faculté de sciences-humaines du centre-ville mais rien sur le campus. L’association Œil Ouvert qui gère ce qu’il reste de la cagnotte du mouvement étudiant à aider les grévistes à hauteur de 250 euro. Mais malheureusement il n’y a pas eu de forte mobilisation, je n’ai moi même pas pu participer à toutes les manifestations compte tenu de mes cours, mes exposés et de la précipitations des examens…
Tout nous reste donc à faire, rien ne sera simple mais l’espoir demeure.