Aller à Oradour c'est déjà en soit une expérience particulière. Y accompagner deux classes de collégiens, animer la visite et faire office à la fois de guide et de profs d'histoire et l'intérêt est à son comble. J’avais dans l’espoir de les sensibiliser un maximum sur le crime commis sans motifs par la SS, leur faire comprendre la différence entre soldats allemands et nazis, entre allemands et nazis, les informer des dangers des extrêmes et enfin les faire se poser quelques minutes à réfléchir sur la guerre. Nous sommes ainsi la troisième génération à ne pas avoir connu la guerre sur notre territoire. Ainsi est-il pour nous beaucoup difficile de percevoir le danger et la rapidité avec laquelle peut commencer un conflit, surtout si l’on use des capacités médiatiques du moment à des fins politiques extrémistes. Ayant moi-même visité le site au même âge qu’eux je me souvenais ne pas avoir été à proprement choqué par ce que j’y avais vu. En effet, tellement de personnes vous préviennent du choc, de la désolation sur place que lorsque vous vous y rendez vous êtes dans une sorte de recherche morbide. Ainsi à la vue d’un village en ruine mais qui reste par ses visiteurs, vivant, animé, entretenu, vous être presque déçu. J’avais donc pour but d’animer leur imagination, de leur faire prendre conscience par ma démonstration de la gravité de la journée du 10 juin 1944. La réaction fut ainsi très hétérogène, trop en fait. D’un côté, deux filles sont tombées en larmes à l’entrée du mémorial, ce n’était pas là ma fonction, mais elles n’ont pas supporté l’entièreté de la visite. À l’inverse d’autres élèves n’ont eu de cesse de me demander : « hé ! pourquoi y’a plein de barrières ? » « et pourquoi je n’ai pas le droit d’escalader » « mais c’est nul y’a même pas de sang » « Jules ? on mange quand ? C’est nul ce village où qu’on a pas le droit de bouffer »… Réactions typiques d’adolescents, les mêmes qui vous les brises dans l’établissement, mais on ne peut s’empêcher d’être déçu. Pire, leur réaction face à l’exposition d’Anne Frank qui d’après eux avait « d’autres choses à foutre que d’écrire dans un cahier tout moche » et de confirmé une certaine lâcheté en écrivant des horreurs dans le livre d’or au point que nous avons été contraint d’en déchirer une page… Mais, évoluant dans un univers où l’histoire n’a pas forcément sa place, où la visite d’un musée ne trouve pas de justification culturelle, on serait presque tenté de les excuser de ne pas avoir eut la chance de pouvoir, à l’image de certains de leurs camarades pu percevoir les multiples sens d’une telle visite. Je reste cependant confiant, ils ont le temps de grandir et nombreux sont ceux qui m’ont remercié de la visite et de mes commentaires.
Bien sur que non je n'aurais pas aimé qu'on est des camps d'extermination en France... je veux dire simplement qu'on devrait insister plus sur l'histoire de la France durant cette période... la supra nationalité est correct en soi notamment dans l'étude de ces périodes, mais savoir que des exactions ont été commis à deux pas de chez soi permet d'avoir une proximité nécessaire pour perpétuer la mémoire...
C'est peut être le plus gros massacre commis sur des enfants à Oradour, mais certainement pas le seul.Là ou je rejoins Phedon, c'est qu'en cours d'histoire au collège ou au lycée, on ne parle quasiment que d'Oradour, ce qui est dommage et qui ne fait pas bien rendre compte du climat de terreur omniprésent qu'il y avait à cette époque.Après pour ce qui est d'éloigner cette période de nos frontières, quand on veut parler des camps d'extermination on y est forcés...
c'est que tu aurait préféré voir des camps d'extermination sur notre territoire? Parce que pour moi, Auschwitz c'est aussi le lieu de la mort pour des milliers de français, Remerber papon.ENfin je prône une histoire supra nationale, en gros nous devrions nous intéresser plus souvent au reste du monde plus qu'a nos fesses. Dans tous les cas, Oradour est en france le plus gros massacre sciement commis sur des enfants... 642 victimes.
Effectivement et je dis également que les programmes d'histoire ont tendance a éloigner cette période hors de nos frontieres (auschwitz c'est pas en france) donc la sensibilisation est beaucoup moins forte meme si les faits sont horribles les programmes ne prêtent pas attention à des drames nationaux... c'est l'éloignement qui amène l'oubli...