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Immigration, Expulser n'attend pas le nombre des années...
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Face à la multiplication des reconduites à la frontière de jeunes lycéens étrangers, la résistance s'organise autour de la communauté éducative.
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| ans les associations, on dit «ne jamais avoir vu ça», on parle de «délire». L'augmentation de 50 % des reconduites à la frontière, l'objectif affiché du ministre de l'Intérieur, est en marche. Ce que veut Nicolas Sarkozy, c'est 23 000 étrangers sans-papiers renvoyés en 2005, contre 15 000 en 2004. Et, derrière les chiffres, c'est un cortège de méthodes brutales. De familles séparées, de gamins renvoyés dans un pays qu'ils ne connaissent qu'à peine. «Il en fait trop, ces expulsions de lycéens vont lui retomber dessus, ça écoeure les gens», prédit un associatif. D'autant que les arrestations de lycéens ont souvent, lieu l'été, quand les lycées sont fermés. |
«Papiers !» Se multiplient, en effet, dans les quartiers à population immigrée, des sortes de rafle, contrôles d'identité ordonnés par la justice sur de larges périmètres. Ainsi, à Paris, le 1er septembre : trois cars de police stationnent, portes ouvertes. Au bas de l'escalier du métro Château-d'eau, quatre CRS ignorent totalement les visages pâles qui montent et descendent, mais cueillent en les serrant de près les Africains : «Papiers !» La moindre hésitation fait l'injonction agressive. En haut de l'escalier, les cars engloutissent ceux qui n'ont pas les documents adéquats. Ensuite, direction le dépôt des étrangers, arrêté de reconduite à la frontière, passage devant un juge, centre de rétention. Et à nouveau un juge pour prolonger la rétention jusqu'à trente-deux jours. C'est, pour les magistrats, un casse-tête absurde. Ils siègent en civil à ces audiences, signe qu'ils ne peuvent pas décider grand-chose, tant la loi les enserre dans des critères étroits. Exemple : «Monsieur, vous ne pouvez impunément vous dire malien puis nigérien.» Celui-là, on le sait, ne repartira pas. On ne sait où le renvoyer. Ce sera la prison, pour avoir dissimulé son identité. C'est aussi très triste. Tout voûté, tête baissée, effondré, ce Malien qui travaille au noir dans le bâtiment, envoie de l'argent chez lui, mandaté par son village, sa famille. «Vous pourrez emporter 20 kilos de bagages», conclut le juge, le renvoyant en rétention.
Par Dominique SIMONNOT
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mardi 20 septembre 2005 (Liberation - 06:00)