Les vacances passées, on l’aurait presque oublié ce Plan B.
Le NON au Traité constitutionnel pouvait donc s’exprimer sans crainte. La dynamique européenne allait sortir indemne de cette épreuve et, comme le soulignait alors le député européen Henri WEBER, « la France ne sera pas mise à l’index » dans une telle hypothèse.
Le Plan B existait et il constituait forcément l’alternative européenne tant attendue par les forces antilibérales. Voter NON, c’était voter OUI à une autre Europe que personne n’avait définie, mais que tout le monde aurait unanimement attendue...
Lors d’un rassemblement organisé par ATTAC, le 30 avril 2005, Jacques NIKONNOF détailla avec précision les conséquences d’un NON au référendum. « Un coup d’arrêt aux politiques libérales sera donné. Les gouvernements des pays de l’Union, notamment en France, devront entendre le message du référendum et respecter la souveraineté populaire. Ces gouvernements devront agir, au sein des institutions européennes, conformément au résultat du référendum. Les directives en cours seront stoppées. De meilleures conditions seront réunies pour de nouveaux traités européens.(...) La France se replacera au centre du jeu européen et reprendra la main ».
100 jours ont passé. Le gouvernement RAFFARIN a bel et bien été sanctionné mais ses choix politiques ont été confirmés. Contrats « nouvelle embauche », sanctions des chômeurs, réduction d’impôt pour les plus favorisés : Voilà les lendemains qui chantent et qui nous avaient été promis.
100 jours ont passé. La Gauche du NON a vainement tenté de prolonger sa dynamique en multipliant les comités. Mais à la Fête de l’Huma, les œufs ont remplacé les convergences. Au sein même du Parti socialiste, le camp du NON s’est émietté, incapable de s’accorder sur une orientation commune et des objectifs partagés.
100 jours ont passé. Et l’Europe est en panne. La France n’a pas repris la main pas plus qu’elle n’est au centre du jeu. Les egoismes nationaux n’ont fait que s’exacerber, aucune directive n’a été modifiée et un climat mortifère pèse maintenant sur les institutions européennes.
Le Plan B était bien une illusion. Le NON au référendum n’a en rien été fondateur pour la Gauche. Il a été déflagrateur pour les forces progressistes européennes et trompeur pour le peuple de Gauche.
Contrairement à ce qui était promis, les délocalisations n’ont pas été interrompues par le rejet du traité constitutionnel. Et les conditions de vie de nos concitoyens ne se sont pas améliorées depuis.
100 jours plus tard, ceux qui s’appuyaient sur des ressorts démagogiques pour convertir les foules ne peuvent répondre aux attentes qu’ils ont eux-mêmes suscités.
Face à cette situation, l’ensemble de la Gauche - celle du OUI comme celle du NON- doit faire preuve de responsabilité.
C’est à elle qu’il incombe d’inventer de nouvelles perspectives pour le chantier européen et de trouver des réponses crédibles à la désespérance sociale qui sévit dans notre pays.
/http%3A%2F%2Fwww.re-so.net%2Flogo.gif)
Les 100 jours du plan B n’ont abouti à rien. Les 100 prochains doivent être l’occasion pour la Gauche de dessiner un nouveau chemin. Pour la France. Et pour l’Europe.