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Répétition générale...

La semaine est finie, le blocus reste.

La LRU aussi… et c’est bien cela le problème… Hier, d’après le monde, moins d’une douzaine d’universités étaient « perturbées ». Oui, je sais je cite la presse bourgeoise, l’âme du grand capital et de la gauche caviar. Mais bon, on peut en bon historien vérifier nos sources sur tous les blogs des différents mouvements étudiants de France. Force est de constater que le grand soir universitaire attendu ne sera pas pour noël. Certes, il est vrai que le profs entre dans la bataille, mais après le feu. Il est difficile de savoir s’il y a eu un pic de mobilisation tant l’accès aux informations étaient délicat. Poitiers, comme il y a deux ans est donc en passe de redevenir, le petit village Picton (Les Pictaves avaient résisté aux côtés des auvergnats autrement plus vigoureusement que les bretons). Mais comme j’ai pu le dire en coord’, Astérix à toujours gagné ses batailles sans pour autant renverser l’empire.
Poitiers a connu un paradoxe étrange, nous sommes partis en guerre parmi les derniers. L’arme à la main, nous avions grillé toutes nos cartouches en l’espace de deux semaine : blocus évidemment, manifestations de nuit, occupation, rendez vous avec les institutions. En même temps il nous fallait continuer l’information car la Loi et surtout son contexte d’application est complexe et les étudiants ont du mal à le saisir. Trop lent au début, trop vite à la fin. Avec deux tristes écueils dû au combat de 2006. D’un côté, nous ne sommes plus des bleus : lorsque l’on prévient d’une action, les flics ne nous rient plus au nez mais prennent très au sérieux la chose. L’exemple le plus simple fut sans doute le blocus de la ville où, outre le faible nombre de participants, l’extrême déploiement du dispositif policier nous à tous surpris, tout comme leur réaction plus violente qu’alors. De l’autre nous n’avons plus réellement le droit à l’erreur, nous sommes contraint au spectacle, aux grandes AG, aux manifestations de masses. Malheureusement, même les étudiants votant pour le blocus ne nous ont pas suivi, pire, les lycéens entrant dans la danse avec raison étaient presque tout le temps plus nombreux que nous. Nous passions pour des cons.
J’ai souvent été mal compris pendant ce mouvement. A vrai dire je m’en fiche car j’ai été droit du début à la fin du combat, conseillant les bloqueurs, essayant d’apporter mon soutien autant que possible, manifestant chaque fois que possible. Beaucoup de personne ne me voyait depuis 2006 que comme un bloqueur, le fait que j’explique dès le début mon adhésion au mouvement tout comme une désapprobation argumentée du blocus à fait couler de l’encre. J’ai dû maintes fois m’expliquer sur ce sujet en coordination, en AG, à la presse, dans un couloir, autour d’un café… Je ne regrette rien, je suis simplement malheureux de voir un mouvement mourir sans pouvoir crier victoire. Pensant que le contexte social ne nous permettait pas de gagner, je voulais éviter un mouvement qui se retrouvait rapidement face à ses contradictions. Je n’y ai pas réussi.
J’ai cependant plusieurs vœux à faire maintenant. Le pyromane président déclanche le feu social sur tous les sujets d’ou la difficulté d’y répondre. À l’avenir il nous faudra tisser plus rapidement des liens entre les associations, les partis, les collectifs et les citoyens, étudiants ou autre, français ou pas. La veille politique promise par la jeunesse au lendemain de notre victoire contre le CPE n’a pu s’édifier. Les différences programmatiques, les conflits d’intérêts et les enjeux personnels ont empêché même les plus posés d’entre nous d’agir en dehors de nos cadres militants. J’en prend ma part de responsabilité. Enfin et c’est terrible, nous n’avons eu aucun appui des partis politiques. Le PS, Ségolène et DSK en particulier aurait à peu de chose près souhaité cette réforme, de plus englué en interne, il est atone au niveau national. Le Modem était pour sans conditions. Le reste de la gauche, pas forcément décimé au lendemain du 6 mai était occupé entre autres sur le front européen en lançant des campagnes contre le mini traité. Oui aucun partis ne nous a appuyé, les syndicats classiques étaient en négociations contre la réforme des régimes spéciaux, l’UNEF a joué finement mais pour elle même, SUD et la FSE se sont affrontés pour gagner le pouvoir dans des coordination qui n’avaient que le nom.

Nous avons perdu une bataille.

Mais sans être un fan de l’histoire cyclique, en 1970, le mouvement étudiant très fort en décembre est tombé à la fin du mois pour renaître entre février et mars 1971… Affaire à suivre donc.
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