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Contre la précarisation de l'éducation, l'appel des étudiants pictons.

"Quelque soit la durée de la nuit, le soleil finira par apparaître"  

    Le 23 février 2005, l’Assemblée Nationale a voté une loi dictant une histoire officielle de la colonisation, mettant directement en péril l’enseignement du fait historique.
    Nous, étudiants en Sciences Humaines, constatons que le débat induit par cette loi arbitraire à fait prendre conscience du rôle de l’historien dans la société. Malgré cela, le gouvernement annonce en décembre dernier une réduction de 30 % des postes du CAPES (Certificat d’Aptitude Professionnelle à l’Enseignement Secondaire) et de l’agrégation d’histoire. Ainsi, le 21 décembre 2005 (soit près de deux mois après l’échéancier habituel), le gouvernement, pensant profiter de l’apathie générale inhérente aux fêtes de fin d’année, a rendu public les chiffres des places disponibles pour les différents concours de l’enseignement. Ces chiffres sont édifiants : -30% pour le CAPES d’histoire géographie, -40% pour les lettres classiques, -28% pour les lettres modernes, -38% pour la philosophie, -32% pour les arts plastiques, -37% de documentalistes, -40% pour la musicologie et ces chiffres ne concernent que les sciences humaines. En effet, les matières scientifiques s’ajoutent malheureusement elles aussi à cette liste déjà trop longue…Le triste record du nombre de postes supprimés revenant cette année à nos camarades préparant les concours du professorat d’éducation physique, en passant de 800 à 400 certifiés en fin d’année…
    Nous, étudiants, constatons que l’éducation n’est plus une priorité pour le gouvernement actuel. Ce dernier préférant une éducation sapée, avec des classes surchargées pour des enseignants vacataires a contrario d’une éducation juste, équitable et adaptée seule permettant les aspirations égalitaires de nos concitoyens.
    Nous, citoyens électeurs, refusons de rester immobiles devant ce qui pourrait s’apparenter à une fatalité. Malgré les échecs successifs des mobilisations précédentes, nous  refusons la passivité, il apparaît essentiel d’agir contre une éducation toujours plus précarisée, une éducation dont nous ne voulons pas. Et nous le rappelons une fois de plus, ce n’est peut-être pas la « rue qui gouverne », oui, mais c’est la rue qui vote…

Les 12 étudiants du Cluri, Poitiers

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