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le meilleur article de la planète sur poitiers...

Etudiants

Poitiers réinvente la contestation

L'université accueille ce samedi la coordination nationale des étudiants.


QUOTIDIEN : samedi 11 mars 2006

Poitiers envoyée spéciale

Les amphithéâtres de l'université de Poitiers n'étaient pas assez vastes, mercredi, pour contenir une assemblée générale de près de 4 000 étudiants. Celle-ci a eu lieu dans un stade de rugby. Vendredi matin, une nouvelle AG, dans une salle du Parc des expositions, a reconduit le blocus jusqu'à mardi prochain. Avec plus de trois semaines de blocage effectif, les étudiants de Poitiers ont le vent en poupe. Et des idées en pagaille. Rien, dans cette université, ne se passe comme ailleurs : les AG sont bondées, les syndicats discrets, le système de vote original. «C'est sûr, vu de Paris, on passe pour des extraterrestres», commente Julien, 23 ans, étudiant en mastère d'histoire médiévale. En pointe, l'université accueille samedi la coordination nationale des étudiants.

«La liberté d'expression est un droit, mais la liberté d'apprendre aussi...»

Première originalité, elle s'est mobilisée avant même l'annonce surprise du CPE : début janvier, les étudiants en éducation physique (Staps) entrent en grève contre les réductions de postes au concours d'enseignants (­ 50 % dans leur filière). Quelques jours plus tard, le CPE vient renforcer la colère. Les premiers grévistes réclament des journées banalisées pour pouvoir se réunir. Devant le refus de l'administration, un groupe d'étudiants bloque les entrées de la fac et convoque une AG, 1 000 jeunes s'y pressent. Le mouvement prend forme.

Poitiers (100 000 habitants) est «une ville de fonctionnaires et d'étudiants», explique Julien, l'historien. Le centre-ville ressemble à celui d'un gros village : «Tout le monde se connaît et les syndicats n'ont pas le monopole de l'engagement politique. La présence des associations universitaires est très forte, elles rassurent ceux qui craignent les récupérations.» La mobilisation a notamment pris appui sur les associations des étudiants en histoire (Volumen) et en sociologie (Associo). Il n'y a pas pour autant unanimité. Ce vendredi après-midi, une pétition contre le blocage circule sur le campus désert. Des chaises et des palettes de bois bloquent les points d'entrée des bâtiments. Sur les vitres, des autocollants «Stop la grève». Deux étudiants en droit ont le bourdon : «Les grévistes ont une vision très limitée de la démocratie. Ils se croient légitimes, mais leurs AG, c'est le monde à l'envers ! Certes, la liberté d'expression est un droit fondamental, mais pas plus que la liberté d'apprendre.» Pour ces deux-là, le vote serait plus légitime s'il se déroulait dans chaque UFR. «Au lieu de ça, les grévistes organisent des AG qui mélangent toutes les filières.» Le blocus l'emporte à chaque fois. Même quand la présidence de l'université a exigé un scrutin à bulletin secret. Ici, on vote en inscrivant son numéro de carte d'étudiant sur des feuilles pour «le blocage total», «le blocage partiel», «la fin du blocage» ou «l'abstention». Les votes par procuration sur SMS sont acceptés, à condition qu'y figure le numéro de la carte d'étudiant.

Le mouvement se hasarde aussi hors de l'université. Vendredi en début d'après-midi, les étudiants ont envahi l'hôtel des impôts, pour un sit-in chantant. Sur l'air d'Emmenez-moi de Charles Aznavour : «La loi Fillon nous prend pour des cons, le socle commun, c'est vraiment pour les chiens, vous croyez qu'on va se contenter d'une éducation amputée...» Enjambant les grévistes, les cadres des impôts, tout sourire, ont offert à leurs occupants des yaourts et du pain. Un T-shirt blanc siglé UMP pour «Une Mission : Précariser», flotte à l'entrée. Une voiture de police se gare juste en face. «Tout va bien, les jeunes ?» «Oui, m'sieur. Et pour vous ?» Des membres des forces de l'ordre ont même cotisé pour financer le déplacement des grévistes qui se rendront à Paris pour la manifestation jeudi prochain.

Ça se passe comme ça à Poitiers. La ville semble être tombée sous le charme des étudiants. Début mars, ils avaient fait courir le bruit qu'ils allaient «brûler des voitures» : ils ont fait un feu devant la préfecture avec des miniatures, des Majorettes rebaptisées «Sarkozynettes» et «Villepinettes». Leur service de sécurité ne porte pas de brassards mais des nez rouges. Et ils disent détenir le «record de France» de la gare TGV bloquée le plus longtemps : près de trois heures, le 7 mars. En 2004, lors de la réforme des diplômes LMD (licence-mastère-doctorat), la fac n'avait été bloquée que deux jours (sur six semaines de mouvement). «On a retenu les leçons de cet échec-là», expliquent certains. Quand le président de l'université leur a envoyé une lettre pour les prévenir que les cours reprendraient après le 7 mars, des enseignants sont venus les soutenir. «C'est aux étudiants de décider de l'avenir de leur mouvement», a déclaré le syndicat Snes-sup. Une motion de soutien des enseignants doit être déposée lundi au conseil d'administration de la faculté.

«Ceux qui sont encartés ne s'en cachent pas, mais ne le mettent pas en avant»

Les yeux cernés, mal rasés, les étudiants poitevins attendent de pied ferme, ce samedi, les représentants de 47 universités, qui vont les rejoindre pour décider de la suite du mouvement. Leur standard croule sous les appels : «Hé ! C'était Paris-Match au téléphone !». La tribune sera «sans étiquette», les Poitevins y mettent un point d'honneur. Jules, 20 ans, ancien de l'Unef, animateur local du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et étudiant en histoire, assure : «Ceux qui appartiennent à un parti ne s'en cachent pas, mais ne le mettent pas en avant. Ça évite de s'engueuler pour rien. [...] Et ceux qui veulent prêcher pour une chapelle se feront sortir de la coordination».

 


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L
MERCI MARIE JOELLE MEME SI LE SOUTIEN DE LIBE EST ARRIVE ASSEZ TARDIVEMENT ET QU'AU DEBUT NOS MANIFS LES FAISAIENT PLUS RIRE QU'AUTRES CHOSES MAIS EN TOUT CAS C'EST UN ARTICLE HISTORIQUE A CONSERVER!
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A
merci d'avoir mis cet article ici parce que je me suis perdue 1/2 heure sur le site de libé pour le trouver (sans résultat) donc merci encore ...<br /> maintenant dans le genre article plutôt à l'avantage de la "poitevine attitude" (je cite) j'ai trouvé celui de Catherine Rollot dans Le Monde d'aujourd'hui mardi 14 mars pas mal, ils ont étés assez réalistes quant à la coordination nationale de ce week end tout en faisant légèrement dans l'euphémisme (il est plus que probable aussi que ce soit moi qui manque d'objectivité vis-à-vis de cette coord) ... Ils ont en tout les cas appuyé sur le fait que l'on est désireux de ne pas se faire récupérer et puis plein plein d'autres détails assez sympas, lisez cet article il est en page 10 en tout les cas il sera sur le blocus demain matin je l'amène. Sur ce bonne lecture et courage, il ne faut pas faiblir braves gens !
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J
Un autre magnifique article est publié sur le monde.fr; avec pour titre: Poitiers les étudiants en greve inventent un nouveau style de contestation.Article d'ailleurs a paraitre dans le Monde daté de demain!
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V
Enfin, un article du tonnerre sur Poitiers qui ne parle pas de Raffarin ou du Futuroscope, mais des étudiants qui se bouge le plus en France!<br /> Vraiment un très grand plaisir de découvrir cet article... =)
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D
y'avais trop à lire, j'ai juste regardé les images
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