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Article sur la dernière AG par l'Huma

Les archives de l'Humanité
 

À Poitiers, la fin d’une « aventure humaine »

Après plusieurs mois de lutte, les étudiants ont voté, hier après-midi, la reprise des cours, à une courte majorité. Mais les revendications, qui vont bien au-delà du CPE, sont toujours là.

Laissés sur leur faim après l’annonce du « remplacement » du CPE, ils auraient voulu rester sur la brèche. Car, selon le mot mâché et remâché par les animateurs du mouvement étudiant à Poitiers, le recul du gouvernement sur le CPE offre une « brèche » à creuser, à élargir, à exploiter. Tant de choses à gagner encore, inscrites depuis le début du mouvement sur le moindre de leurs tracts, rappelées et discutées dans toutes leurs assemblées générales : l’abrogation du CNE, le retrait de toute la loi sur l’égalité des chances et, en particulier, de ses articles sur l’apprentissage à 14 ans ou encore sur le travail de nuit dès 15 ans, l’abrogation du « socle commun » contenu dans la loi Fillon, et la « restitution » de 6 400 postes au concours d’enseignement (CAPES et agrégation) doublée d’une planification pluriannuelle du recrutement des enseignants. Mais, dans une université engagée dès le début du mois de janvier dans la mobilisation pour regagner les postes dans l’éducation nationale et complètement paralysée depuis la mi-février, les étudiants impliqués dans un mouvement assez exemplaire par son inventivité et par sa détermination (lire l’Humanité du 14 au 17 mars) n’ont, pour la première fois en deux mois, pas été suivis lors de l’assemblée générale, hier en début d’après-midi, au stade de rugby jouxtant le campus : sur les 2 878 votants, 1 489 se prononcent « contre tout blocage », alors que 1 210 d’entre eux défendent toujours le blocage complet de leur faculté et 130 s’expriment pour un blocage partiel...

Une victoire contre le CPE en déchantant sur tout le reste ? Au cours de l’assemblée générale, les « bloqueurs » conjurent l’atmosphère plutôt maussade qui, depuis le matin, règne dans les couloirs de l’université en mettant toutes leurs forces dans la balance. « Il n’est pas question de faire un blocage pendant quinze ans, rappelle Julien, étudiant en histoire. Mais on a encore plein de revendications que le gouvernement et les médias ont oubliées. C’est peut-être par ailleurs le moment de maintenir la pression sur la droite, bien sûr, mais aussi sur la gauche parce que nous avons besoin d’une alternative. » Pour Laurent, « beaucoup de gens comptent aujourd’hui sur nous pour remporter des victoires à leur tour parce que nous nous sommes imposés, en tant qu’étudiants, comme une force mobilisatrice. La machine vient juste de se mettre en route : on ne peut pas laisser tomber comme ça ! » Dans une intervention écrite au vitriol, entre grosse colère et grande amertume, Gaël se félicite, au diapason d’une partie non négligeable des jeunes mobilisés à Poitiers, que « les étudiants sortent enfin du carcan des syndicats et des médias car nous allons enfin pouvoir parler de nos revendications qui vont bien au-delà du seul CPE »...

Après la claque des résultats de l’AG, Stéphane essaie sur le champ de trouver les mots justes. « Ça a été une aventure humaine aussi, ce mouvement, console-t-il. Même si nous n’avons obtenu qu’une demi -victoire, c’est tout de même énorme ce que nous avons fait ensemble ! ». Et soudain, le choeur entonne une version détournée de la Marseillaise, les poings serrés. « On est tous un peu émus ou sur les nerfs, mais il faut garder confiance en nous, encourage encore Gaétan afin de panser les plaies. Ce que l’on vient de perdre, c’est le blocage, mais on n’a absolument pas perdu le mouvement. On a commencé à voir la victoire, ce n’est pas fini... »

Thomas Lemahieu

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C
Rien que de relire les résultats, ça me déprime ! :)<br /> Franchement, je veux qu'on reste mobiliser, même si ce sera en moindre mesure bien évidement. Luttons, quelque soit la manière, mais restons ensemble et mobilisés !
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