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Libé : Frustrés, les étudiants votent la reprise des cours


Frustrés, les étudiants votent la reprise des cours

Poitiers, Reims, Nancy, Lyon... les blocages tombent les uns après les autres.

par Marie-Joëlle GROS et Gilbert LAVAL
QUOTIDIEN : mercredi 12 avril 2006

(à Toulouse)


C
omme dans un jeu de dominos, les blocages des universités semblaient tomber, hier, les uns après les autres. L'emblématique université de Rennes-II avait initié le mouvement lundi, en votant la reprise des cours à une courte majorité, après neuf semaines de grève effective (Libération d'hier). Dans son sillage, Poitiers a levé le blocus. L'AG des Poitevins, qui a réuni, hier, 2 878 votants dans le stade Rébeilleau, a connu un score serré : 1 489 étudiants ont voté «contre toute forme de blocage», 1 210 «pour la poursuite du blocus», 130 se sont exprimés pour un blocage partiel, et 49 se sont abstenus. «ça fait mal au coeur, commente Julien Vialard, l'un des leaders du mouvement. Mais on continuera à mener des actions.» De retour en cours, les ex-grévistes seront invités à porter des brassards «mobilisés» pour signifier que «la lutte continue».


Défiance. Désormais, les Toulousains, autres leaders historiques du mouvement, risquent de se sentir bien seuls. A Toulouse-II-le Mirail, le blocus a été voté lundi jusqu'au 17 avril. Ceux de l'université Paul-Sabatier ont eux aussi voté le blocus, hier. Les étudiants du Havre restent en blocus jusqu'au 2 mai, ainsi que ceux de Lille-I. Mais l'effondrement du «bloc de l'Ouest» semble en entraîner d'autres. A Reims, Nancy, Lyon-II, Pau, les étudiants ont voté la reprise des cours. Et les règlements de comptes fusent. La coordination bretonne et les Poitevins annoncent qu'ils vont déposer une motion de défiance contre la Confédération étudiante (proche de la CFDT), seule organisation de jeunesse membre de l'intersyndicale à avoir appelé, dès lundi, à la levée des blocages. Dans les cortèges de manifestants, pour la sixième journée d'action, hier, l'ambiance oscillait entre détermination à aller jusqu'au bout et déprime. «Personne n'a le coeur à la fête. On se sent frustrés : la loi sur l'égalité des chances reste, et le CNE aussi», résumait Clara, étudiante à Paris-III-Censier. Dans la capitale en vacances, ils étaient 3 000 à défiler. Et 1 000 à Bordeaux, académie aussi en congés. On en comptait 2 500 à Toulouse, 1 500 à Rennes et Lille, 600 à Marseille...

QG francilien. Au cours de deux mois de mouvement, les étudiants ont vite dépassé la question du CPE pour dénoncer l'intégralité de la loi sur l'égalité des chances, qui instaure l'apprentissage à 14 ans, le travail de nuit des mineurs dès 15 ans et le contrôle de l'autorité parentale. Ils ont également élargi leurs revendications aux réductions de postes ouverts au concours d'enseignants (-30 % cette année), et au socle commun instauré par la loi Fillon sur l'école. Et ont demandé le retrait des projets Sarkozy sur l'immigration. «Le remplacement du CPE n'est qu'une étape», explique Laure, 26 ans, personnel non-enseignant à Nanterre. Certains écartent une démission de Villepin : «Pour récupérer qui ? Sarko ? Borloo ? Non merci ! Si Villepin tombait, mais que sa loi restait, on n'aurait rien gagné.»

Des actions coups-de-poing sont encore prévues demain. «On a ouvert une brèche, il faut continuer et résister au chantage aux examens», estime Kamel Tafer, porte-parole de SUD-Etudiants. A Paris, l'université de Censier, bloquée depuis six semaines, reste ouverte pendant les vacances et fait office de QG francilien. Toute la semaine, des conférences-débats et des concerts sont au programme de son «forum social universitaire». Les étudiants de la Sorbonne ­ baptisés les «sans-fac» ­ y tiennent leur AG. La Sorbonne reste fermée jusqu'au 24 avril, jour de retour de vacances.

Erratum. Dans l'article publié hier sur l'université de Rennes, il fallait lire «le mouvement était aussi contre le CNE» et non «contre le CNED» comme écrit par erreur.

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S
mobilisé, la rumeur gronde au loin, une âme mille âmes on ne sait, seul le bruit compte, un cri venant de nul part, la poussière au loin annonce le combat, coeur bâtant et esprit vif, la rumeur s'avance doucement, déjà là mais pourtant si loin, que pouvons-nous faire, innocent mais coupable d'être là, on se bat tous ensemble, main dans la main nous progressons, cette marche ne cessera-t-elle jamais, un jour prochain la rumeur sera tout autre qu'un grondement lointain, on peut déjà distinguer quelques âmes, toutes unies dans la même rage celle d'être oublié, mais que vaut l'unité et l'innocence face à l'adversité ... sylvain L
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