Samedi 17 février, Nouvelle-République. Etudiant en histoire, Jules Aimé a été au cœur de la mobilisation étudiante poitevine. Repéré par Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire fédéral du MJS jure qu'il n'a pas l'intention de devenir un politicien professionnel.
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Installé dans les locaux de Volumen, l'association des étudiants en histoire de Poitiers, Jules Aimé, 21 ans, révise ses cours. Avec délectation mais sans nostalgie, l'étudiant évoque les riches heures du mouvement anti-CPE du printemps dernier dont il fut l'une des figures marquantes.
« Le combat contre le CPE a été mon premier combat gagnant. » Aussitôt, Jules Aimé se ravise :
« Enfin, semi gagnant, car la plateforme des étudiants de Poitiers était plus large que le seul retrait du CPE. » Gagnant quand même pour cet abonné des combats perdus.
En 2002, il a voté Jospin dès le premier tour de l'élection présidentielle. Et en 2005, il a fait ardemment campagne pour le oui au traité constitutionnel européen.
Le CPE retiré, Jules Aimé s'est lancé dans un autre combat malheureux, celui en faveur de la candidature de Dominique Strauss-Kahn lors de la campagne interne au parti socialiste.
Jules Aimé ne renie en rien cette option. Comme il ne passe pas sous silence non plus ses choix de l'époque anti-CPE. Des choix parfois en marge.
Opposé aux opérations blocus Au début du mouvement, il était ainsi opposé au blocus total de l'université. « J'ai eu tort, tant mieux pour le mouvement. » De la même manière, il s'est abstenu de participer aux blocus de la ville. Comme il a refusé de mitrailler la façade de l'UMP avec des œufs. « Je n'étais pas d'accord pour cette action .» En digne arrière-petit-neveu d'un parlementaire radical socialiste de la IIIe, Jules Aimé défend une image rigoriste du combat politique – « je ne crois pas à la politique spectacle » – mais concède : « Il fallait une part de spectacle pour notre combat. »
Si Jules Aimé a autour de lui ses inconditionnel(le)s, il sait qu'il agace. Il y a ceux qui, à l'extrême gauche, le trouvent trop modéré. « Depuis le collège je suis le social traître de service ! » Et ceux qui, de l'autre côté de l'échiquier, le suspectent d'être un agitateur professionnel. « Je suis le grand blond vêtu d'un éternel pull marine avec un skate sous le bras qui manipule les étudiants au profit du MJS », le mouvement des jeunes socialistes dont il est membre depuis l'âge de 16 ans et animateur départemental depuis deux ans.
Mais malgré la notoriété qu'il a acquise au printemps dernier, Jules Aimé jure qu'il ne veut pas faire carrière au sein du PS national. Comme d'autres jeunes socialistes, repéré par Jean-Christophe Cambadélis, il a été invité se rendre au siège parisien du PS au début de l'été. « Monter au sein du PS, ça ne m'intéresse pas. Les petites magouilles, les jeux de pouvoir, c'est pas pour moi. Je ne veux pas faire de la politique un métier. »
Privilégier l'action locale
L'étudiant en histoire, qui se verrait bien dans les habits de prof, privilégie l'engagement local. « C'est au plan local qu'il y a le plus de chance de faire changer les choses. J'aime ma ville j'ai envie d'y rester alors, bien sûr, je pense aux élections municipales. Mais pas pour faire de la figuration. » Les caciques et les barbons du parti sont prévenus. Pour autant, Jules rajoute : « Je ne fais pas partie de ces jeunes qui veulent chasser les vieux. »
En attendant les élections municipales de 2008, Jules Aimé qui n'était pas à Villepinte dimanche dernier, assure qu'il va participer « loyalement » à la campagne de Ségolène Royal. Ce qui ne l'empêche pas de lâcher : « Pour le moment, je pense plus à mes études qu'à la meilleure façon de faire gagner Ségolène Royal ou de faire perdre Nicolas Sarkozy. »
(à suivre)
Jean-Jacques ALLEVI
Merci Jean-Jacques pour l'article. A moi de rétablir certains trucs... Pas une critique, l'article est paru longtemps après l'interview, le métier de journaleux n'est pas le plus simple (demandez à Duhamel) et puis j'étais peut être confu.
Donc, le 21 avril 2002 je n'avais que 16 ans je n'ai donc pas pu voté, mais j'étais déjà au PS depuis trois mois et j'aurais bien évidemment voté Jospin.
J'étais en désaccord avec le blocus au début du mouvement, lors de l'AG de vote où nous étions 70 (le vendredi 10 février), je défendais un blocus déjà total mais à lancer uniquement après les vacances pas avant (j'étais donc en décallage d'une semaine...). N'ayant pas réussi à convaincre l'assemblée, le blocus était décidé pour le lundi 13 au matin, j'étais le premier sur les les lieux, rapidement rejoint par Julien et les anars pour bloquer d'abord SHA campus puis lettres. la veille j'ai participé au premier convoi de charriot jusqu'au campus pour bloquer le matin... Un vrai plan martial.
Je n'ai effectivement rien lancé sur les façades de l'UMP, mais j'étais bien là, photo à l'appui.
Je n'ai pas participé au début du premier blocus de la ville pensant que cela ne fonctionnerait pas, mais j'en ai fait la fin ua point de garer ma golf devant un poid lourd sur le carrefour de la patinoire pour éviter de le faire avancer sur les manifestants. Pour le second j'étais dans la rue dès 6h30.
Je ne savais pas que j'avais été repéré par Camba, mais c'est toujours bon à savoir...lol. Par contre on ne m'a jamais demande de monter à Solfé en septembre, quand je monte c'est pour représenter la fédération de la Vienne au MJS ou pour les manifs.
Pour ce qui est de mes études il est vrai qu'il s'agit de mon soucis premier, après j'étais samedi au marché pour differ les tracs du pacte présidentiel de Ségolène, le soir on collait à tout va et dimanche matin j'étais encore au couronneries toujours pour tracter... Donc la campagne est elle bien présente dans mon agenda...